Comme on l'a appris récemment sur le site sibeliususers.org, l'équipe de développeurs de Sibelius qui avait été licenciée sans ménagement par la holding Avid (laquelle avait racheté Sibelius à ses fondateurs en 2006), a été embauchée par Steinberg (filiale de Yamaha).

C'est bien sûr une bonne nouvelle pour les développeurs, ainsi que pour les utilisateurs de Steinberg, bien qu'on ne sache pas encore si la firme si l'inventeur du standard VST compte améliorer l'éditeur de partitions intégré à Cubase ou développer un produit indépendant. Ça n'est pas une bonne nouvelle pour les utilisateurs de Sibelius, qui devront sans doute faire leur deuil de leur éditeur de partitions préféré. Les financiers qui dirigent Avid n'ayant pas compris que c'est l'équipe d'experts qui fait la valeur d'une projet logiciel, et non le code source, ce beau produit est condamné à stagner ou à régresser face à la concurrence.

Dans un message publié sur Facebook, Derek Williams annonce la fin de la campagne de communication des utilisateurs de Sibelius à l'intention du management d'Avid, assorti de commentaires personnels non sans pertinence. Il remarque notamment que les fichiers créés avec des logiciels des années 1990 sont impossibles à ouvrir avec les outils disponibles aujourd'hui, et que le papier reste le support le plus durable et robuste pour conserver la musique. (le fichier PDF arrive sans doute en second, NdPapageno). Et souhaite que les nouveaux outils développés par Daniel Spreadbury et son équipe utilisent un format de fichiers ouvert et standardisé comme MusicXML (lequel est supporté par les dernières versions de Sibelius et Finale, mais aussi par Musescore, qui est gratuit, open source et fonctionne très bien quoiqu'il reste moins puissant que les deux logiciels commerciaux déjà cités).

On ne peut que l'approuver, tant la pérennité des documents électroniques et les formats propriétaires sont antinomiques. Les petites mains dans les maisons d'édition, qui s'arrachent les cheveux en essayant sans succès d'ouvrir un document sauvé par la version australienne de Word 97 avant de finalement re-scanner le document imprimé, en savent quelque chose.

Aujourd'hui comme hier, le seul combat qui compte pour les utilisateurs est la défense des formats ouverts et des standards qui permettent que les précieux fichiers ayant coûté à leurs auteurs des centaines ou des milliers d'heures de travail restent disponibles dans le futur. Payant ou gratuit, aucun logiciel ne devrait utiliser de format de sauvegarde qui ne serait pas publiquement documenté et par conséquent facilement accessibles avec d'autres logiciels présents ou à venir.