vendredi 6 avril 2007

Petite discographie Ernest Chausson

Puisqu'on m'a offert sa biographie en cadeau d'anniversaire, j'ai ressorti tous mes disques Chausson (et fait quelques emplettes). Vous aimez Franck, Ravel, Lalo ? vous adorerez Chausson, cet illustre inconnu, qui comme Berlioz semble connaître plus de succès chez nos amis d'outre-Manche et d'outre-Atlantique que dans son pays natal.

Commençons par sa pièce la plus célèbre: le poème pour violon et orchestre. Il a été enregistré par les plus grands violonistes et les meilleurs orchestre, on le trouve dans de nombreuses anthologies de concertos pour violon. On en trouve aussi une magnifique version enregistrée en avril 2002 par Thierry HUCHIN avec l'orchestre Ut Cinquième mais c'est hors commerce !

Moins connus, il y a la symphonie op. 20 et le poème symphonique Viviane. J'aime assez cette version parue chez Naxos, avec l'orchestre de Nancy.

disque

Dans la musique de chambre, il y a plusieurs incontournables:

  • le Concert pour violon, piano et quatuor à cordes. Voici une version par les frères Pasquier et leurs amis, tout à fait recommandable:

concert

  • un trio avec piano (le couplage avec celui de Ravel semble aller de soi)

trio avec piano

  • un quatuor avec piano (proposé ici avec l'un des quatuors de Fauré)

quatuor avec piano

  • enfin, le quatuor à cordes, moins connu. Inachevé, il a été complété par Vincent d'Indy (lui-même auteur de quatuors fort méconnus). Je l'ai sur un double disque, avec ceux de Magnard et Roussel, par le Via Nova:

quatuor

Les mélodies de Chausson sont elles aussi à découvrir. On trouvera telle ou telle sur divers récitals de mélodies françaises (à côté de celles de Fauré, Duparc, Reynaldo Hahn). Absolument incontournable: le poème de l'amour et de la mer, pour soprano et orchestre. Là encore, il existe une magnifique version hors-commerce par Sylvie Althaparro et l'orchestre Ut Cinquième. Dans le commerce, on trouvera cette très belle version avec François Le Roux (baryton) et Charles Dutoit à la tête du symphonique de Montréal:

poeme

Pour terminer, le Roi Arthus, opéra, chanté ici en anglais (pas disponible en DVD à ma connaissance):

arthus

Une courte biographie se trouve sur Wikipedia

dimanche 1 avril 2007

Concert à l'espace Léopold Bellan

Aujourd'hui nous avons joué l'Adagio de mon Premier Trio avec Piano (la création de l'oeuvre complète aura lieu en juin) à l'espace Léopold Bellan, situé dans la fondation du même nom. Pour mémoire la fondation Bellan a pour mission: Accompagner le handicap à tous les âges de la vie. Elle est également connue pour son concours de Musique et d'Art Dramatique.
Voici une petite photo des interprètes: Fanny Kassel (violon), Benoît Stroh (violoncelle), et le compositeur au piano.
 
Concert 1er avril 2007: Fanny Kassel (violon), Benoît Stroh (violoncelle), Patrick Loiseleur (piano)

L'harmonie utilise essentiellement le mode II de Messiaen, qui sonne à la fois moderne et pas trop dissonant. Mais le tempo très lent, les longs passages pianissimo, la transparence ne facilitent pas la tâche des interprètes. Sans doute cet Adagio n'est pas conçu pour être joué tout seul, il trouvera plus naturellement sa place entre les deux mouvements rapides, lorsque l'oeuvre sera jouée intégralement.
 
J'hésite à mettre le MP3 en ligne. Malgré ses indéniables qualités, cette version présente quelques défauts qui passent bien lors d'un concert en live mais beaucoup moins bien lors d'une écoute à froid. Nous essaierons de réaliser un enregistrement de meilleure qualité dans les prochains jours.

(mise à jour: la partition intégrale de ce trio avec piano dans la révision 2012 est maintenant disponible sur le site Tamino Productions)

samedi 31 mars 2007

Joyeux anniversaire

J'ai 32 ans aujourd'hui. C'est à la fois peu et beaucoup. Schubert par exemple n'a pas atteint sa trente-deuxième année. Mozart, Mendelssohn, et Bizet sont tous trois décédés avant quarante ans. D'un autre côté, c'est à 42 ans que Bruckner compose sa première symphonie et c'est à quatre-vingts ans passés que Richard Strauss écrivit ses extraordinaires Métamorphoses, grandiose élégie qui célèbre la fin de la musique occidentale...
gateau

32 ans et aucune partition importante à mon actif. Il est temps que ça change. Les conditions sont réunies, le temps des études, des tâtonnements et des essais touche à sa fin. Place à la musique, la grande, la vraie. Celle qu'on aime au point de lui consacrer sa vie. D'ici à mon prochain anniversaire, j'aurai livré plusieurs partitions majeures. Cet engagement m'en rappelle un autre, dix ans plus tôt: pour mes 21 ans j'avais promis à mes amis qu' aussi vrai que je m'appelle Papageno, j'aurai trouvé ma Papagena avant un an. Un an plus tard, jour pour jour, le 30 mars 1997, Aurélie et moi nous célébrions nos fiançailles. C'était un choix impulsif, de part et d'autre, mais je 'n'ai jamais rien eu à regretter.

Qui a besoin de compositeurs aujourd'hui ? Personne. A part peut-être les producteurs de films hollywoodiens, qui exigent des produits bien formatés, sans saveur. Le public, les interprètes et les organisateurs de concert sont très conservateurs et s'accommodent très bien de la musique écrite il y a 100 ans et plus. Quant aux compositeurs, ils ne s'intéressent bien souvent qu'à leur propre musique. Il ne faut pas viser le succès lorsqu'on écrit de la musique aujourd'hui. On peut se contenter d'objectifs plus modestes: la satisfaction d'une impérieuse nécessité intérieure, et l'estime de quelques amis. C'est déjà beaucoup...

vendredi 30 mars 2007

Concert à l'ENS le 2 avril

Une annonce du groupe Trouvères:




LUNDI 2 AVRIL À 21h EN SALLE DES ACTES ENS 45 rue d'Ulm Paris


Pour ce concert exceptionnel, trois musiciens de haut niveau du conservatoire d'Orsay (cycle supérieur ou de perfectionnement) nous proposeront un programme de musique des 17ème et 18ème siècle autour de quelques pièces pour clavecin et de deux sonates en trio (eh oui, il n'y a pas que le Concert Latin qui en est capable...)

Vous trouverez le détail du programme ci-dessous. Le concert sera bien sûr suivi d'un pot.

Venez nombreux !!

Ludovic, pour Trouvères

PROGRAMME:

Henry Purcell: A new Ground

G.B. Draghi: Ground

J.S. Bach: Prélude et fugue en fa dièse mineur (du deuxième cahier)

Louis Marchand: Suite en ré mineur, extraits

François Couperin: Les Rozeaux, extrait du 13ème Ordre

Louis-Nicolas Clérambault: Suite en do mineur

  • Garance Miné, clavecin

Johann Joachim Quantz: Sonate en trio en sol majeur

Joseph Bodin de Boismortier: Sonate en trio en la mineur

  • Patrice Allain, flûte à bec;
  • Marie Hervé, basson;
  • Garance Miné, basse continue.

mercredi 28 mars 2007

Concert Ut Cinquième

Hier soir au concert de l'orchestre Ut Cinquième à Sainte-Croix des Arméniens:

affiche

  • une magnifique version du Double Concerto de Brahms. Les solistes, Sarah Nemtanu au violon et Cyrille Lacrouts au violoncelle, sont solistes à L'Opéra et au National respectivement. C'est manifestement l'occasion de jouer ensemble qui les motivait tout autant que celle de se produire en solite (et la motivation est importante, car les solistes comme les chefs ne sont pas rémunérés lorsqu'ils travaillent Ut Cinquième, la seule formation 100% amateur que je connaisse, ayant ce niveau du moins). C'était très brahmsien, très romantique, le finale magnifiquement enlevé. Il y a quelques années j'avais joué cette partition (comme altiste) dans ce même orchestre, et comme souvent avec Brahms, c'est une écriture dense, complexe rythmiquement. J'ai la nette impression que l'orchestre a progressé: en précision des attaques, en intonation aussi (souvent le point faible des formations d'amateurs)
  • en deuxième partie, les tableaux d'une exposition (Moussorgski orchestré par Ravel). Je suis un grand fan de Moussorgski en général, c'est certainement le musicien le plus brillant, le plus original, le plus inspiré de la "bande des cinq". Dans cette débauche de couleurs orchestrales (l'orchestre utilisé pour le concerto de Brahms s'enrichit d'autres instruments: tuba, contrebasson, clarinette basse, saxophone, et percussions au grand complet: tubes, gong, crécelle, fouet, grosse caisse, timbale, xyklophone), l'orchestre donne toute sa mesure, la direction d'Aurélien Azan-Zelinski semble avoir gagné non en énergie (je l'ai toujours connue très énergique) mais en précision, en finesse. On ne boude pas son plaisir devant cette succession de tableaux si vivement colorés, si contrastés. Et c'est une "grande porte de Kiev" véritablement triomphale, comme il se doit, qui conclut le concert. Dans cette pièce où le compositeur a ré-écrit fff soit fortississimo toutes les deux mesures, j'ai admiré la façon dont Aurélien Azan-Zelinski a gérer les nuances pour obtenir l'effet désiré (grandeur, exaltation romantique et patriotique) en évitant de fatiguer les musiciens.

Le public, comme moi, n'a pas boudé son plaisir et fait un triomphe aux musiciens, qui sont repartis sous un déluge d'applaudissements. Bravo !

dimanche 25 mars 2007

Une découverte: la musique de chambre de Zoltan Kodaly

Hier soir j'ai écouté à Villebon-sur-Yvette un concert en trio violon - violon -alto. C'est une formation inhabituelle pour laquelle le répertoire est très mince. On trouve néanmoins quelques pièces: un divertimento K229 de Mozart (bof), un trio op 87 de Beethoven (à l'origine écrit pour hautbois, clarinette et basson), un Terzetto op 74 d'Antonin Dvorak (pas mal). Mais l'oeuvre la plus marquante était sans doute la Sérénade opus 12 de Zoltan Koday, qui terminait le concert. Malgré la pauvreté des moyens engagés: trois instruments à cordes, pas de basse, la plénitude sonore, la force qui s'en dégage est étonnante, et on croit entendre un quatuor. L'écriture très moderne repose cependant sur une base tonale, enrichie de couleurs inattendues, parfois un peu âpres mais fort séduisante. Une véritable découverte ! Je vais illico ressortir mon disque des quatuors de Kodaly et les écouter d'une oreille neuve.


De gauche à droite: C. Gimenes, L. Pagani, Y. Loiseleur

Le concert était donné au bénéfice d'une association appelée SNL ou Solidarités Nouvelles pour le Logement qui fait du logement social et de la réinsertion en région parisienne.

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