mardi 9 mai 2017

Stradivarius: puisqu'on vous dit que c'est du marketing !

Quel violoniste ne rêve pas de jouer sur un de ces instruments mythiques signé Antonio Stradivarius, qui ont tous un nom, une histoire, un visage ? Et accessoirement un prix qui se conte en millions, ce qui fait que ces instruments restent bien souvent la propriété d'une riche compagnie d'assurances japonaise ou d'une obscure fondation suédoise qui se contentent de le prêter à un heureux élu trié sur le volet parmi les meilleurs solistes internationaux. C'est le cas par exemple d'Antoine Tamestit.

Seulement voilà, patatras ! Une chercheuse en acoustique, Claudia Fritz s'est mis dans la tête de réaliser des tests d'écoute en aveugle pour savoir si ces magnifiques instruments sont vraiment meilleurs à l'oreille que les très bons instruments modernes.

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mercredi 3 mai 2017

Le journal de Papageno fête ses 10 ans

Voilà 10 ans que j'ai démarré ce Journal. 10 ans également que j'ai commencé à écrire sérieusement de la musique, au point d'en faire un second métier auquel je consacre la moitié de mon temps (la meilleure moitié, cela va de soi). 10 ans que je partage mes coups de coeur et plus rarement mes coups de gueule avec vous, mes fidèles lectrices.

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mercredi 24 août 2016

Dodécacophonie

À lire dans Libération, un article de Guillaume Tion sur l'histoire musique sérielle et atonale. Écrit avec une pointe d'humour de bon aloi et appuyé par un bon travail documentaire, plaisant à lire.

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dimanche 17 janvier 2016

La dernière colère de Pierre Boulez

Monsieur Pierre Boulez nous a quitté le 6 janvier dernier. Hommages et témoignages n’ont  cessé d’affluer, dans la presse écrite (avec une série d’articles de Renaut Machart dans le Monde, la une de Libé) mais aussi sur ma radio préférée, France Musique, où des musiciens comme Pierre-Laurent Aimard ou Pascal Dusapin ont trouvé des mots justes et d’une émouvante simplicité pour évoquer sa mémoire.  (à réécouter dans le « Classic Club » de Lionel Esparza du 7 janvier). Il n’y a guère que le Gorafi qui n’a pas encore rendu hommage à sa façon au musicien français le plus célèbre dans le monde après David Guetta.

C’est en 1945 qu’Olivier Messiaen accueille dans sa classe d’Analyse au Conservatoire un jeune homme de vingt ans particulièrement brillant, dont il ne tarde pas à remarquer le tempérament bouillant et irascible. C’est une colère terrible qui anime Pierre Boulez, colère qu’on peut déjà sentir dans sa Première Sonate pour piano, et qui ne s’est jamais calmée depuis.  On sent encore très nettement une forme de rage froide dans la pièce Sur Incises de 1998. Avec quelques autres (Cage, Stockhausen, Ligeti, Berio, Xenakis) ils vont péter la baraque. Du haut de leur vingt ans, ils vont ringardiser ceux qu’on considérait comme avant-gardistes dans les années 1930 : Messiaen, Hindemith, Bartók, Stravinsky, Janacek, Chostakovitch, et même Schönberg.

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dimanche 6 septembre 2015

Violoncello da spalla, viola da spalla

La famille du violon est peut-être plus étendue qu'on ne le croirait de prime abord. À côté des formats standards et bien définis (violon, alto, violoncelle, contrebasse), on trouve en fait de nombreuses tentatives de formats différents, créés par des instrumentistes curieux et des luthiers motivés. Ainsi l'Arpeggione, avec six cordes comme une guitare (mi, la ré, sol, si, mi), célèbre à cause de la très belle sonate que Schubert écrivit pour elle. Peu de temps après avoir découvert L'Oiselon, une sorte de violon colorature imaginé par Mathieu Godefroy (j'y reviendrai dans ce journal), voici que je tombe sur cette vidéo de l'altiste Serguei Malov. Il joue en virtuose accompli la sixième suite de Bach sur un Violoncello da spalla, c'est à dire un petit violoncelle qui se joue peu ou prou comme un alto, bien qu'il soit beaucoup plus imposant (spalla signifie épaule en italien, pour ceux qui en douteraient encore après avoir vu les images)

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jeudi 26 mars 2015

Joyeux Boulez-iversaire !

Pierre Boulez partage avec Mozart ce privilège que même ceux qui n'ont pas vraiment écouté sa musique et ne sauraient pas la reconnaître peuvent citer son nom lors d'un dîner en ville. Le plus souvent d'ailleurs, son nom sera utilisé comme repoussoir, comme symbole de tout ce qu'on aime pas dans la musique moderne: dissonante, élitiste, arrogante, coupée du public mais pas des subventions publiques. Comme pour encourager cette vision caricaturale, Boulez ne s'est pas privé tout au long de sa carrière de critiquer très durement tout ce qui ne cadrait pas avec son esthétique. Et si ça ne suffisait pas, l'expo à la Philharmonie, les concerts et hommages institutionnels à l'occasion de son 90e anniversaire ne manqueront pas de conforter cette image du musicien d'avant-garde officiel, couvert d'honneurs à défaut d'être aimé d'une large partie du public ou des musiciens.

Pourtant, la musique de celui qui a fondé l'Ensemble Inter-contemorain et l'IRCAM ne mérite-elle qu'on aille au-delà de ces clichés ?

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vendredi 13 mars 2015

À mes ami(e)s attaché(e)s de presse

Il m'arrive de temps à autre de recevoir un dossier envoyé par un(e) gentil(le) attaché de presse, assorti d'une gentille invitation. La réponse est toujours la même j'ai fini par la stocker dans un fichier afin de la copier-coller à chaque fois.  

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mardi 27 janvier 2015

Viola Moderna à Essen du 23 au 28 mars

Le festival Viola Moderna qui prendra place du 23 au 28 mars prochains à Essen, en Allemagne, permettra notamment aux étudiants de bénéficier de master-classes avec des stars comme Garth Knox ou Vincent Royer. Il est gratuit pour les étudiants des conservatoires supérieurs allemands. Il vise notamment à promouvoir une autre image de la musique d'aujourd'hui, à lutter contre certains préjugés vieux comme les années 1950.

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mercredi 14 janvier 2015

Philharmonie: le coup de gueule de Jean Nouvel

A lire dans le Monde du 14 janvier, Pourquoi je n'irai pas à l'inauguration de la Philharmonie  par l'architecte Jean Nouve, publiée à quelques heures du premier concert du Gala d'ouverture.

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lundi 29 décembre 2014

Prodigieux, vraiment ?

Je n'ai pas vu l'émission Prodiges sur France 2, dont j'avais pourtant entendu la réclame à la radio. Il y avait plusieurs raisons à cela: outre le fait que je n'ai pas de télé en ce moment et que la mienne sert surtout à regarder des blu ray de temps à autre, je ne suis pas un grand fan de jeunes musiciens. Un violoniste ne va pas davantage m'émouvoir à 15 ans qu'à 40. Et toute la mythologie autour des "prodiges", des "petits génies" et autres bêtes à concours m'agace et parfois me peine. Et puis les morceaux étaient tous coupés afin de ne pas dépasser 2 minutes. En effet c'est bien connu la capacité de concentration de la ménagère de moins de 50 ans est à peine supérieure à celle du poisson rouge et se limite à 120 secondes.

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vendredi 19 décembre 2014

L'alto c'est trop beau

C'est en tout cas ce qu'affirme ce billet (en anglais) posté sur le très chic music blog du Guardian par la très talentueuse Tabea Zimmermann. Laquelle a fait énormément pour changer l'image de cet instrument. Pour ne citer que deux de ses exploits, elle a créé la sonate de Ligeti pour alto seul et formé des tas de petits jeunes comme Antoine Tamestit.

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vendredi 29 août 2014

Fête de l'alto à Lasalle en Cévennes

Jusqu'au 30 août j'ai le plaisir de participer à une fête de l'alto dans la charmante bourgade de Lasalle en Cévennes. Au programme, des master-classes autour de trois instruments (alto, harpe, accordéon), et bien sûr des concerts tous les jours et dans tous les lieux possibles (temple, ancienne filature de soie, maison de retraite). Outre une création de Marc Marder spécialement écrite pour l'occasion, nous donnerons égalment mon Râga pour quatre altos. C'est toujours avec une pointe d'émotion que je me rappelle la gentillesse et l'ouverture d'esprit de Pierre-Henri Xuereb, à qui j'avais présenté la première version de cette pièce en 2008, et qui m'avait tout de suite proposé de la programmer à une autre fête de l'alto quelques mois plus tard. Ce n'est pas si courant de recevoir un si bon accueil lorsqu'on est un jeune compositeur inconnu et pour cause. 

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samedi 16 août 2014

Avant de mourir, j'aimerais vous dire...

Hier soir j'ai ré-écouté le quinzième quatuor de Schubert par le Quatuor Alban Berg. Lorsque le silence revint, après quarante minutes de vertige face à la pureté de l'écriture et celle de l'interprétation, je me suis pris à imaginer le jeune Schubert (il n'avait 29 ans !), qui sentait certainement la mort approcher, qui savait peut-être qu'après le décès de Beethoven tout reposait sur ses épaules. Il y a un sentiment d'urgence et presque de panique dans ce quinzième quatuor, qui rompt avec le modèle beethovénien (encore très présent dans le quatorzième quatuor "la jeune fille et la mort") pour nous révéler d'un coup, presque trop vite, tout ce que Schubert voulait nous dire avant de passer la main, avant de passer tout court.

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mercredi 7 mai 2014

Le bordel de Rat-Vélo comme vous ne l'avez jamais vu.

La meilleure blague d'altiste de l'année est sans conteste celle qui a été postée sur itoutioube par Frederico Bresciani (Vérification faite, elle a été postée en 2011 d'ailleurs). Elle montre que le pupitre d'alto est tout de même celui où l'on se marre le plus. Encore plus drôle que cette autre blague d'altiste en concert. Et à rapprocher de l'exceptionelle performance Jacques Villeret à la caisse claire dans le même Boléro de Ravel.

viola_ravel.png

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vendredi 11 avril 2014

Stradivarius: Claudia Fritz persiste et signe

Il y a deux ans nous avions déjà parlé d'une étude scientifique menée par l'équipe de Claudia Fritz de l'université Paris VI qui tendait à montrer que les violonistes ont du mal à distinguer entre un beau violon ancien (un Stradivarius par exemple) ou un beau violon moderne. C'était un joli pavé dans la mare ! Un peu comme les amateurs de vin, les musiciens auraient-ils tendance à juger l'étiquette plutôt que le breuvage ?

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jeudi 7 novembre 2013

ISSN : 2268-5049

Le Journal de Papageno est maintenant doté d'un numéro de série international normalisé ou ISSN 2268-5049 attribué par la Bibliothèque Nationale de France.

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dimanche 20 octobre 2013

Le journal de Papageno recrute et prépare sa mue

Après cinq ans d'existence, je crois que ce journal a suffisamment grandi pour acquérir une identité propre et continuer à évoluer. Je vais donc le déménager prochainement vers un site dédié et réserver loiseleur.com aux sites personnels des membres de ma famille (moi compris).

Afin de faire vivre ce blog, je crois aussi qu'il est temps de l'ouvrir à d'autres plumes, d'inviter d'autres musiciens à publier dans le Journal de Papageno, soit de façon ponctuelle soit de manière plus régulière.

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mardi 10 septembre 2013

L'orchestre Ut Cinquième recrute

L'orchestre Ut Cinquième recrute des instrumentistes pour la rentrée de septembre 2013. Cet orchestre amateur auquel j'ai le bonheur de participer depuis 20 ans (oui madame ! depuis 1994, ça ne nous rajeunit pas tout ça) a comme particularité de fonctionner uniquement avec des chefs invités. Le travail s'organise autour de trois trimestres (ou "modules") qui consistent en une dizaine de répétitions le mercredi soir, plus un week-end, afin de préparer deux, trois ou quatre concerts.

affiche recrutement 2013-2014

Les autres particularités que j'apprécie beaucoup dans cet ensemble sont l'enthousiasme des musiciens, l'ambiance amicale la mixité des générations (ce n'est pas un orchestre de jeunes ni un orchestre de vieux). Ce que j'aime un peu moins est le conservatisme des programmes ces dernières années. Je me souviens avoir pourtant joué dans plusieurs créations et oeuvres de compositeurs vivants avec Ut Cinquième, à l'époque où les musiciens avaient davantage le coeur aventureux, et ne desespère pas qu'un brin d'esprit militant revienne parmi eux.

Le recrutement se fait sur audition. Plus d'information sur www.ut5.fr. 

lundi 15 juillet 2013

Disparition d'Etiennte Vatelot

A lire dans Le Monde daté du 14 juillet, un beau portrait par Marie-Aude Roux du luthier français Etienne Vatelot, qui nous a quitté récemment. Ce grand monsieur du violon a soigné les Strads de messieurs Yehudi Menuhin ou Isaac Stern, mais aussi fabriqué de forts beaux instruments, comme l'alto de Tabéa Zimmermann. Et créé en 1970 une école de lutherie de Mirecourt qui a contribué de manière décisive à un certain renouveau de la lutherie en France. Tout ce beau travail mérite des applaudissements nourris, ou, mieux encore, un silence respectueux et ému.

mercredi 10 juillet 2013

La scandaleuse stupidité du gouvernement hollandais

Pour continuer sur le même sujet (et sur le même blog), les Néerlandais sont en train de fermer la plus grande bibliothèque d'enregistrements d'Europe (celle de la Radio publique), tandis que l'orchestre de chambre rattaché à la même radio donnait son dernier concert. Je l'ai déjà écrit dans ce journal: il faut des années pour constituer une belle phalange orchestrale; si on arrivait à maintenir des orchestres en activité en 1943, serait-on incapables de le faire en 2013 faute de moyens financiers ?

Quand on sait que par ailleurs la famille royale des Pays-Pas dont le patrimoine serait estimé entre 300 millions et 5 milliards, touche 40 millions d'euros de dotation par an, on se dit que ce n'est vraiment pas l'argent qui manque dans ce pays qui figure parmi les plus prospères de la zone Euro. Il y a vraiment de quoi être écoeuré. Est-ce un restant de culture calviniste qui cause un tel mépris pour la musique ? Est-ce une idéologie hostile par principe à toute projet artistique ce qui serait public et financé par l'impôt ? Est-ce de la stupidité pure et simple ?

Quand on voit le nombre de visiteurs que le musée du Louvre attire à lui seul, on ne peut que se féliciter que l'État n'ait pas bradé les trésors inestimables qu'ils renferme pour boucher les trous du budget lors des années difficiles qui n'ont pas manqué au XIXe et au XXe siècle.

Il faut le répéter encore une fois: la culture ne coûte vraiment pas cher, comparé aux autres budgets publics. Elle crée des richesse matérielles (du PIB si vous préférez) grâce à un effet de levier important (tourisme, hôtellerie), mais aussi des richesses matérielles qui sont peut-être plus importantes encore. Vous savez, ce petit quelque chose qui fait que parfois on a l'impression d'être un peu plus qu'une bande de singes avides et crasseux en train de bousiller notre écosystème. Quand on écoute Mozart, Liszt ou Dutilleux, on a parfois l'impression que peut-être, il existe une civilisation, un beau et grand projet qui nous dépasse, une harmonie divine dans laquelle chacun de nous aurait sa place...

Supprimer un orchestre pour économiser des crottes de nez, c'est comme si je te dis tu te rases la tête pour économiser du shampoing. Non mais allô quoi !!!

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