mardi 9 mai 2017

Stradivarius: puisqu'on vous dit que c'est du marketing !

Quel violoniste ne rêve pas de jouer sur un de ces instruments mythiques signé Antonio Stradivarius, qui ont tous un nom, une histoire, un visage ? Et accessoirement un prix qui se conte en millions, ce qui fait que ces instruments restent bien souvent la propriété d'une riche compagnie d'assurances japonaise ou d'une obscure fondation suédoise qui se contentent de le prêter à un heureux élu trié sur le volet parmi les meilleurs solistes internationaux. C'est le cas par exemple d'Antoine Tamestit.

Seulement voilà, patatras ! Une chercheuse en acoustique, Claudia Fritz s'est mis dans la tête de réaliser des tests d'écoute en aveugle pour savoir si ces magnifiques instruments sont vraiment meilleurs à l'oreille que les très bons instruments modernes.

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samedi 3 décembre 2016

Six sonates de Jean-Sebastien Bach pour Trio à Cordes

Le trio à cordes est une magnifique formation pour laquelle il existe de grands chefs d'oeuvre, comme le Divertimento en mi bémol de Mozart ou encore les Trios à Cordes tardifs d'Arnold Schoenberg et d'Albert Roussel. Cependant il ne dispose pas d'un répertoire aussi étendu que le quatuor, ce qui pousse les interprètes comme le magnifique trio Vuillaume à chercher du côté des transcriptions pour élargir leur horizon.

 

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mardi 16 février 2016

Dialogue d'amour

Vous connaissez sans doute les sonates de Beethoven pour piano et violon, interprétées par Clara Haskil et Arthur Grumiaux. Je ne sais s'il existe plus parfait dialogue d'amour. Chacun prend sa place en soulignant la place de l'autre, chacun est un creux pour que l'autre vienne s'y étendre, il épouse les formes de l'autre et ne tient et n'élève la voix que parce que l'autre, loin de se cacher dans le convexe qui le définit, devient le concave de l'autre. Ils se suivent, ils s'approchent, ils se caressent, ils se soutiennent. Le piano s'entend encore quand le violon a repris et le premier n'a d'autre soin en jouant que de faire déjà entendre le retour du second. Jamais ils ne se séparent, le dire de l'un n'est que préparation au dire de l'autre, à sa mise en valeur, à sa meilleure présence, à sa plus grande beauté. L'un et l'autre sont tellement singuliers, à la pointe du meilleur d'eux-mêmes, que la singularité de l'autre n'a que s'y lover. Chacun dispose de l'autre, parce qu'il se dispose à l'autre.

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mardi 22 septembre 2015

Création partielle du Quintette pour flûte, harpe et trio à cordes à Cologne

Tellement occupé par ailleurs, j’ai omis d’annoncer la création le 12 septembre 2015 de mon Quintette pour flûte, harpe, violon, alto et violoncelle. Une pièce qui m’a été commandée suite au succès d’une autre pièce pour 13 altos qui fut créée à la Philharmonie de Cologne dans le cadre de sa saison de musique de chambre. J’ai choisi pour titre « Leben und Lieben eines Schmetterlings » et nos chères lectrices qui parlent parfaitement l’allemand n’ont pas besoin de dictionnaire pour savoir que cela se traduit par « Vies et Amours d’un Papillon ». Seuls deux mouvements étaient terminés pour ce concert, alors que je voulais en écrire cinq (mais je le ferai certainement) :

  • « Nachtstück » (Noctune)
  • « Erstflug » (Envol).

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dimanche 6 septembre 2015

Violoncello da spalla, viola da spalla

La famille du violon est peut-être plus étendue qu'on ne le croirait de prime abord. À côté des formats standards et bien définis (violon, alto, violoncelle, contrebasse), on trouve en fait de nombreuses tentatives de formats différents, créés par des instrumentistes curieux et des luthiers motivés. Ainsi l'Arpeggione, avec six cordes comme une guitare (mi, la ré, sol, si, mi), célèbre à cause de la très belle sonate que Schubert écrivit pour elle. Peu de temps après avoir découvert L'Oiselon, une sorte de violon colorature imaginé par Mathieu Godefroy (j'y reviendrai dans ce journal), voici que je tombe sur cette vidéo de l'altiste Serguei Malov. Il joue en virtuose accompli la sixième suite de Bach sur un Violoncello da spalla, c'est à dire un petit violoncelle qui se joue peu ou prou comme un alto, bien qu'il soit beaucoup plus imposant (spalla signifie épaule en italien, pour ceux qui en douteraient encore après avoir vu les images)

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mercredi 1 juillet 2015

Mendelssohn, Schubert, Brahms par Michèle Sharapan et ses amis

Hier soir au théâtre du Conservatoire d'Art Dramatique dans le 9ième arrondissement de Paris. Une plaque indique que c'est dans cette salle qu'eut lieu la création de la Symphonie Fantastique d'Hector Berlioz, ainsi que celle d'Harold en Italie, excusez du peu. Le théâtre a été rénové depuis mais je me demande tout de même comment sa scène a pu accueillir un orchestre au complet avec les 2 harpes, les cloches, la grosse caisse, les 2 tubas et les 4 bassons, et tutti quanti !

Quoi qu'il en soit cette salle est parfaitement adaptée au programme de trio avec piano et piano 4 mains proposé par Michèle Sharapan (piano), Thomas Gautier (violon), Seokwoo Yoon (violoncelle), et Grégory Ballesteros (piano). Avec de la musique romantique allemande (Mendelssohn, trio en ut mineur op 66), de la musique romantique allemande (Schubert, Divertimento à la hongroise D 818) et de la musique romantique allemande (Brahms, trio en si majeur op 8). Sans compter le bis, de la musique romantique allemande (Brahms, danse hongroise).

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lundi 25 mai 2015

Autour du piano, Concert-hommage à Olivier Greif

Le 21 mai 2015 à Paris, le Conservatoire de la rue de Madrid où il a été étudiant (devenu entretemps CRR de Paris) accueillait un très beau concert-hommage à Olivier Greif, intitulé Autour du piano. Ce compositeur disparu en 2000 était également un excellent pianiste, et bien que terriblement exigeante, son écriture pour piano dénote une connaissance intime de l'instrument. Je crois me souvenir d'une interview où il déclarait avec humour que le pianiste en lui devait maudire le compositeur qui lui donnait tant de fil à retordre !

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lundi 2 février 2015

Sound of Stockholm par l'itinéraire

Ouï au conservatoire Claude Debussy du 17e arrondissement le 23 janvier dernier, le programme Sound of Stockholm de l'itinéraire. Un ensemble qui réalise un travail fantastique avec des moyens matériels sans commune avec d'autre formations comme l'inter-contemporain pour ne pas le citer.

Comme son nom l'indique, ce programme a été composé pour le festival Sound of Stockholm comme un mille-feuilles alternant des créations et des pièces plus ``classiques'' de Grisey, Scelsi et Leroux.

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lundi 29 décembre 2014

Prodigieux, vraiment ?

Je n'ai pas vu l'émission Prodiges sur France 2, dont j'avais pourtant entendu la réclame à la radio. Il y avait plusieurs raisons à cela: outre le fait que je n'ai pas de télé en ce moment et que la mienne sert surtout à regarder des blu ray de temps à autre, je ne suis pas un grand fan de jeunes musiciens. Un violoniste ne va pas davantage m'émouvoir à 15 ans qu'à 40. Et toute la mythologie autour des "prodiges", des "petits génies" et autres bêtes à concours m'agace et parfois me peine. Et puis les morceaux étaient tous coupés afin de ne pas dépasser 2 minutes. En effet c'est bien connu la capacité de concentration de la ménagère de moins de 50 ans est à peine supérieure à celle du poisson rouge et se limite à 120 secondes.

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dimanche 14 décembre 2014

Nouvel album du quatuor B.R.A.C.

Vincent Royer m'écrit: 

Le Quatuor Brac est très heureux de vous annoncer la sortie de son second disque « Hall des Chars » chez blumlein records (disque également disponible chez Metamkine).

Ce CD est l’enregistrement de notre concert donné à Strasbourg, Hall des Chars le 13 mai 2014.

Andrew Levine a reçu à Cologne le vendredi 21 novembre  2014 le « Goldener Bobby » pour  cet enregistrement, premier prix de la catégorie « Classical / instrumental ».

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jeudi 15 mai 2014

Le quatuor B.R.A.C. à l'improviste

Entendu hier à la maison de la Radio, le quatuor B.R.A.C. pour l'émission "À l'improviste" d'Anne Montaron. Les quatre musiciens (Tiziana Bertoncini, violon, Vincent Royer, alto, Martine Altenburger, violoncelle et Benoît Cancoin, contrebasse) se connaissent bien et travaillent ensemble depuis plusieurs années déjà. Il nous ont offert une très belle improvisation de 50 minutes, toute en couleurs et en contrastes. Une belle énergie circule entre ces musiciens intensément connectés entre eux tout en gardant chacun son style et sa personnalité

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vendredi 11 avril 2014

Stradivarius: Claudia Fritz persiste et signe

Il y a deux ans nous avions déjà parlé d'une étude scientifique menée par l'équipe de Claudia Fritz de l'université Paris VI qui tendait à montrer que les violonistes ont du mal à distinguer entre un beau violon ancien (un Stradivarius par exemple) ou un beau violon moderne. C'était un joli pavé dans la mare ! Un peu comme les amateurs de vin, les musiciens auraient-ils tendance à juger l'étiquette plutôt que le breuvage ?

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vendredi 13 décembre 2013

Can you smile ? Yes we can !

Entendu mardi dernier à la Dynamo des banlieues bleues (une petite salle de Pantin), un très réjouissant concert d'improvisation proposé par le Théo Ceccaldi trio (constitué des frères Ceccaldi aux Violon/Alto et Violoncelle et de Guillaume Aknine à la guitare électrique) et l'excellente Joëlle Léandre (Contrebasse).

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samedi 5 octobre 2013

Helikopter-Streichquartett de Stockhausen à Paris le 5 octobre

Un évènement rarissime aura lieu ce soir à 18h: une interprération parisienne du célèbre Helikopter-Streichquartett de Stockhausen dans le cadre de la Nuit Blanche de Paris, sponsorisé par la Monnaie de Paris.

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mardi 10 septembre 2013

L'orchestre Ut Cinquième recrute

L'orchestre Ut Cinquième recrute des instrumentistes pour la rentrée de septembre 2013. Cet orchestre amateur auquel j'ai le bonheur de participer depuis 20 ans (oui madame ! depuis 1994, ça ne nous rajeunit pas tout ça) a comme particularité de fonctionner uniquement avec des chefs invités. Le travail s'organise autour de trois trimestres (ou "modules") qui consistent en une dizaine de répétitions le mercredi soir, plus un week-end, afin de préparer deux, trois ou quatre concerts.

affiche recrutement 2013-2014

Les autres particularités que j'apprécie beaucoup dans cet ensemble sont l'enthousiasme des musiciens, l'ambiance amicale la mixité des générations (ce n'est pas un orchestre de jeunes ni un orchestre de vieux). Ce que j'aime un peu moins est le conservatisme des programmes ces dernières années. Je me souviens avoir pourtant joué dans plusieurs créations et oeuvres de compositeurs vivants avec Ut Cinquième, à l'époque où les musiciens avaient davantage le coeur aventureux, et ne desespère pas qu'un brin d'esprit militant revienne parmi eux.

Le recrutement se fait sur audition. Plus d'information sur www.ut5.fr. 

lundi 29 juillet 2013

A late quartet (Le quatuor) par Yaron Zilberman

Sorti l'hiver dernier aux US, cet été en France dans une relative discrétion, A Late Quartet raconte l'histoire d'un quatuor à cordes professionnel côté coulisses. Le violoncelliste (Christopher Walken, magnifique) découvre qu'il est atteint de la maladie de Parkinson, ce qui déclenche une crise majeure au sein du célèbre quatuor La Fugue qui allait entamer sa vingt-sixième saison. Des passions réprimées ou bien enfouies depuis des années font surface et mettent rudement à l'épreuve l'harmonie de ce drôle de mariage à quatre qu'est le quatuor à cordes. Recentré autour de cinq personnages principaux, servi par un jeu d'acteurs qui sonne très juste, le drame se déroule dans un impeccable crescendo émotionel jusqu'au premier concert de la saison, qui cristallise toutes les passions.

Le silence qui précède ce concert, les regards échangés par les quartettistes et ce que leurs visages expriment par leur immobilité même, est un très beau moment de cinéma. Ayant pénétré l'histoire, les motivations, les rêves réalisés ou contrariés de chacun d'eux, la force et la subtilité des liens qu'ils ont tissé en vingt-cinq ans, on comprend un peu mieux pourquoi quatre archets peuvent exprimer autant d'émotions, et nous boulverser au plus profond.

a-late-quartet.jpg

Le sixième personnage, invisible mais omniprésent, est le quatorzième quatuor en ut dièse mineur du grand Ludwig van. Il forme l'essentiel de la bande son du film. Sa nature fragmentée et imprévisible épouse celle de la narration, qui procède par petites touches. Sa force expressive donne plus de relief à des scènes intimistes et souvent très pudiques (certains critiques ont jugé que c'était un peu surjoué par moments, mais je n'ai pas eu cette impression).

Les musiciens le savent bien: lorsqu'on travaille une pièce sérieusement, on la décortique, on la répète, on finit par en être obsédé, elle nous habite et revient par fragments dans notre oreille intérieure à tout moment de la journée. Ce film est une tentative pour faire entrer le spectateur dans l'univers mental d'un violoniste professionnel, et en tant que tel c'est une réussite. Le soin apporté au détails (il est manifeste que les acteurs ont travaillé plusieurs mois pour ne pas avoir l'air trop ridicules avec un archet dans la main, même les doigtés et coups d'archet des scènes en playback sont corrects) montre que ce film a été réalisé par un amoureux de la musique. Au milieu de la torpeur estivale, ce conte d'hiver new-yorkais est une heureuse surprise qui démontre si besoin est que le cinéma américain ne se limite pas aux blockbusters dont les ficelles scénaristiques sont aussi grosses que le budget. 

lundi 15 juillet 2013

Disparition d'Etiennte Vatelot

A lire dans Le Monde daté du 14 juillet, un beau portrait par Marie-Aude Roux du luthier français Etienne Vatelot, qui nous a quitté récemment. Ce grand monsieur du violon a soigné les Strads de messieurs Yehudi Menuhin ou Isaac Stern, mais aussi fabriqué de forts beaux instruments, comme l'alto de Tabéa Zimmermann. Et créé en 1970 une école de lutherie de Mirecourt qui a contribué de manière décisive à un certain renouveau de la lutherie en France. Tout ce beau travail mérite des applaudissements nourris, ou, mieux encore, un silence respectueux et ému.

samedi 28 mai 2011

Le Spectre de la Rose de Berlioz en vidéo

Après la partition et le podcast Radio France c'est maintenant une vidéo qui est disponible en ligne de la réduction pour voix, piano, violon et violoncelle des Nuits d’Été de Berlioz. Il n'y a pas de mal à se faire du bien. Voici donc Le Spectre de la Rose avec Hugues Borsarello (violon), Aya Okuyama (piano),  Pejman Memarzadeh (violoncelle), L’Oiseleur des Longchamps (baryton):

lundi 2 mai 2011

Dans la peau d'un invité d'Arièle Butaux (L'Oiseleur des Longchamps chante Berlioz et Beethoven)

Disponible à la réécoute sur le site de France Musique, l'émission Les invités d'Arièle datée du du 1er mai où L'Oiseleur des Longchamps chante Berlioz, Alagna et Beethoven.

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samedi 22 janvier 2011

Nuits d'été de Berlioz: la version pour voix haute, piano, violon, violoncelle est en ligne

J'ai déjà évoqué cet arrangement des Nuits d'été d'Hector Berlioz pour voix, piano, violon et violoncelle. Il existe en deux versions: voix haute (soprano ou ténor) et voix moyenne. Pour chaque version j'ai en outre posté en ligne une partie de violon et une partie de violoncelle où la ligne de chant est reproduite pour faciliter la mise en place. Les partitions sont disponibles sur le site de Tamino productions, en PDF ou en version papier. L'hébergeur actuel de ce site (qui assure également l'impression à la demande et l'envoi des partitions papier) ne permet malheureusement pas de regrouper plusieurs partitions ensemble, j'ai donc dû poster au total six partitions distinctes.

La première audition en concert de cet arrangement aura lieu cet été par le baryton L'Oiseleur des Longchamps.

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