mercredi 6 décembre 2017

Râga à Madrid par l'ensemble Solydo

Voilà quelques mois à peine que le nouveau site de Tamino Productions est en ligne et il m'a déjà permis de me fair de nouveaux amis et de trouver de nouveaux fans pour la musique. Un quatuor d'altistes de Bilbao (l'ensemble Solydo) déniché mon Râga pour quatre altos et il m'ont écrit tout récemment ces quelques mots:

Lire la suite...

vendredi 2 juin 2017

Un soir de demi-brume à Londres... pour orchestre de chambre. Partition enfin disponible !

Le temps ne passe pas, il court, il s'envole, il s'enfuit comme le plus impudent des voleurs... Lorsque j'ai écrit cette pièce pour orchestre de chambre (12 instrumentistes) intitulée Un soir de demi-brume à Londres pour la classe de composition du conservatoire de Liège, j'étais tellement débordé que j'ai à peine jeté quelque mots dans un billet pour annoncer trois concerts d'un coup. Pourtant, j'en aurais eu des choses à dire sur cette pièce que je mettrais sans doute dans le top 5 de celles que j'ai le mieux réussies jusqu'à présent.

Lire la suite...

lundi 6 février 2017

Trois études pour piano: partition disponible

La partition de mes trois premières Études pour piano seul est enfin disponible en ligne, sur le site Tamino Productions, au format PDF et au format papier.

Loiseleur_Etudes_Cover.png

Lire la suite...

jeudi 22 décembre 2016

Noël, Noël, Noël

La partition du Chant de Noël écrit l'an dernier pour les Essenti'Elles est maintenant disponible sur le site Tamino Productions.

Lire la suite...

mardi 31 mai 2016

Nous en aurons raison

Voilà longtemps que je voulais écrire un article sur ce sujet, depuis les attentas du 7 janvier 2015 en fait. Mais je voulais également prendre mon temps pour le faire, d'abord par respect pour les victimes et leurs familles: je trouve le déluge de paroles sur les chaînes et sites d'informations après un attentat indécent et peu compatible avec le silence qui convient au travail de deuil, ainsi qu'au temps de la réflexion, plus que jamais nécessaire. Je n'avais pas encore publié mon papier que les attentats du 13 novembre 2015 à Paris puis du 22 mars 2016 à Bruxelles ont été perpétrés, confirmant en tout point mes intuitions. Là encore les media se sont concentrés sur l'émotionnel pur, ou encore sur les savantes analyses de politologues, sociologues, sécuritologues et autres islamologues qui n'avaient pour effet que d'augmenter la panique et la confusion. On en viendrait presque à croire qu'ils sont les alliés objectifs des terroristes, en mobilisant toute leur énergie pour nous faire peur. Au milieu de ce fatras les seules paroles que j'ai retenues sont celles d'Antoine Leiris, journaliste et époux d'une des victimes du Bataclan. C'étaient les seules paroles sincères, sensibles et sensées, inspirées par l'amour de la vie.

 

 

Lire la suite...

jeudi 7 avril 2016

Ce qu'on gagne en perdant

Il y a quelques semaines, j'avais soumis une pièce pour quatuor à cordes à un concours de composition organisé par la Société Royale d'Harmonie d'Anvers. Comme toujours ce fut le rush pour arriver à terminer la pièce dans les temps, sans compter qu'avec les enfants et mon bolout d'ingénieur à mi-temps, je n'ai pas autant de temps pour travailler que je le souhaiterais. Le jury a reçu pas moins de 95 oeuvres et devait en sélectionner 5 qui seront jouées par le Quatuor Tana lors du prochain Festival d'Aix-en-Provence. Ma pièce n'a pas été sélectionnée mais apparemment ça ne s'est pas joué à grand-chose à en croire cette mention du jury:

 

Le jury tient à exprimer son admiration par rapport à la grand qualité des œuvres soumises, et souhaite faire mention expresse des œuvres Aux frontières du silence de Patrick Loiseleur (France) et Jardins suspendus de Adrian Mocanu (Ukraine), qui sont restées en lice jusqu'à la fin.

Lire la suite...

dimanche 27 décembre 2015

Joyeux Noël avec les Essenti'Elles

L'ensemble vocal féminin Les Essenti'Elles vous souhaite un joyeux Noël avec ce chant de Noël écrit spécialement pour l'occasion par l'auteur de ce journal:

Lire la suite...

mardi 22 septembre 2015

Création partielle du Quintette pour flûte, harpe et trio à cordes à Cologne

Tellement occupé par ailleurs, j’ai omis d’annoncer la création le 12 septembre 2015 de mon Quintette pour flûte, harpe, violon, alto et violoncelle. Une pièce qui m’a été commandée suite au succès d’une autre pièce pour 13 altos qui fut créée à la Philharmonie de Cologne dans le cadre de sa saison de musique de chambre. J’ai choisi pour titre « Leben und Lieben eines Schmetterlings » et nos chères lectrices qui parlent parfaitement l’allemand n’ont pas besoin de dictionnaire pour savoir que cela se traduit par « Vies et Amours d’un Papillon ». Seuls deux mouvements étaient terminés pour ce concert, alors que je voulais en écrire cinq (mais je le ferai certainement) :

  • « Nachtstück » (Noctune)
  • « Erstflug » (Envol).

Lire la suite...

dimanche 3 mai 2015

Danse de la joie des étoiles

Danse de la joie des étoiles est la deuxième partie de ma pièce pour 13 altos, écrite durant l'été 2012. C'était une période singulère de ma vie, où j'ai vu s'effondrer à peu près tout ce que j'avais essayé de construire, tout ce qui m'était cher. En bon gaulois je ne craignais rien sauf que le ciel me tombe sur la tête et c'est précisément ce qui est arrivé à ce moment-là.

Faute de pouvoir trouver du réconfort dans mon entourage, c'est en moi-même que j'ai dû creuser pour trouver de nouvelles ressources. Ce que j'y ai trouvé, à mon grand étonnement ? De la joie. Une joie surabondante et inépuisable. 

Lire la suite...

mercredi 25 mars 2015

Rose Fleur d'Oranger, pour sept violoncelles

En 2013, à la demande d'Yseult Kervyn et de la classe de Jean-Pol Zanutel du Conservatoire Royal de Liège, j'ai commencé un cycle pour violoncelle et électronique intitulé La Couleur Me Possède . Ce titre fut inspiré par une phrase du journal du peintre Paul Klee qui était un grand coloriste. Chaque pièce associe une couleur et un sentiment, et pour l'instant trois pièces sont terminées:

  • Blanc Deuil
  • Noir Colère
  • Rose Fleur d'Oranger

Lire la suite...

jeudi 13 novembre 2014

Treize altos sinon rien

Une vidéo avec un extrait de la création de mes 13.2 Milliards d'Années-Lumière pour 13 altos est disponible depuis peu. Je crois qu'on y sent la chaleur et l'énergie de Vincent Royer et de ses collègues du Gürzenich Orchester Köln, l'intensité de ce qui circule entre eux.

Lire la suite...

vendredi 13 septembre 2013

Concours de composition Viola's 2014

L'association franco-européeen de l'alto, qui édite le site alto en ligne et organise le festival Viola's 2014 au CRR de Paris, ajoute cette année un concours de composition aux festivités. Il s'agit d'écrire une pièce pour alto seul d'une durée de 4 à 5 minutes. Le jury comporte du beau monde: Edith Canat de Chizy, Richard Dubugnon et Philippe Hersant pour les compositeurs, Odile Auboin, Gérard Caussé et Laurent Verney pour les altistes et de Jacques Borsarello, président du jury. Les détails se trouvent sur le site Viola's 2014. Amis compositeurs, à vos plumes !

Lire la suite...

lundi 11 février 2013

Un extrait de Khronos pour deux pianos

Voici en exclusivité pour vous, chers lecteurs (et chères lectrices) du Journal de Papageno, un extrait du premier tableau de mon Triptyque pour deux pianos.

Avant de vous le faire écouter, j'aimerais vous inviter par avance à sortir de l'alternative binaire j'aime / j'aime pas (et de sa variante impersonelle: c'est beau / c'est moche), pour tenter d'apprécier l'oeuvre en elle-même. Une des possibilités pour ce faire consiste à associer des images à ce qu'on ressent: si c'était la musique d'un film, quel genre de film ? quelle genre de scène, dans quel paysage ? Cette méthode se montre souvent bien plus fertile pour arriver à parler de la musique que celle qui consiste à apposer des épithètes ou des jugements de valeur.

Pour ceux qui manqueraient d'imagination, et nul doute qu'ils doivent être plutôt rares parmi nos lecteurs, voici un extrait de ma note de programme qui livre de succintes indications sur mon univers mentale quand j'écrivis cette pièce:

Khronos dépeint la naissance du Temps, à travers les combats furieux des Dieux et des Titans. Lorsque l'énergie sauvage de cette pièce faiblit un peu, on croit apercevoir le début d'un monde fragile où l'homme aurait peut-être sa place.

Enfin, il me faut remercier tout particulièrement Jonathan Lago-Lago et Lena Kollmeier, deux brillants pianistes qui ont pris cette pièce à bras-le-corps, lui ont donné chair et sang, ainsi qu'une dimension véritablement symphonique et homérique. Je tiens aussi à remercier très chaleureusement Brigitte Foccroule, merveilleuse musicienne et grande spécialiste de la musique d'aujourd'hui, qui les a guidés dans leur travail avec enthousiasme et rigueur. Et Peter Vizard, directeur du conservatoire du XVe arrondissement, pour m'avoir invité au Week-end du clavier contemporain.

Voici donc un extrait de Khronos, par Jonathan Lago-Lago et Lena Kollmeier, enregistré en concert le 3 février dernier au conservatoire Chopin de Paris:

Fichier audio intégré

Cette pièce sera bientôt donnée à Liège, en juin prochain, dans la salle philharmonique.

vendredi 1 février 2013

Création de Khronos pour deux pianos: c'est demain

Demain 15 heures au conservatoire du XVe, comme annoncé.

lundi 20 août 2012

Fugue sur le nom de Chostakovitch

Ma fugue sur le nom de Dimitri Chostakovitch pour quatuor à cordes connaîtra sa toute première audition publique le 21 août (demain) à Courchevel 1850, 16h, salle de la Croisette. C'est l'occasion d'exprimer ma gratitude à mes partenaires, Jorge Vasquez, Meagan Slattery, et Ai Takada pour leur enthousiasme et le remarquable travail réalisé avec eux sur cette pièce qui contribuera sans doute à faire de cette création un grand moment, pour moi tout au moins.

mardi 26 juin 2012

Au matin du septième jour, pour alto et piano

Au matin du septième jour est le titre d'une pièce relativement courte (un peu plus de 4 minutes) pour alto et piano, écrite l'été dernier à Courchevel et créée à Courchevel toujours avec l'excellent Philippe Colin-Hattat au piano. Légèrement révisée, cette pièce a été créée en Belgique le 14 juin dernier par le compositeur à l'alto et Brigitte Foccroule au piano.

Comme le suggère un peu le titre (qui fait allusion au jour de repos qui a suivi les six jours de la création selon le mythe de la Genèse), le nombre sept joue un rôle important dans cette pièce: ainsi on trouve une série de 7 accords de 7 notes sur un rythme de 7 temps. Cette série est répétée quatre fois, sur le modèle d'une chaconne, ou d'un thème et variations si vous préférez, afin d'atteindre 28 mesures (28 est un nombre parfait comme chacun le sait bien).

Ce qui m'intéressait il y a un an avec ces accords de 7 sons est qu'ils produisent une impression de centre tonal assez nette malgré leur complexité. On pourrait peut-être les qualifier de musique hypertonale, dans le sens où ils généralisent les triades ou les neuvièmes de l'harmonie tonale. Chacun d'eux est construit avec les sept notes d'une gamme, le premier par exemple regroupe tous les degrés de la "gamme acoustique" de Bela Bartok (avec quatrième degré augmenté et septième degré abaissé par rapport au mode majeur):

accord_hypertonal.png

Il faut laisser ces accords se déployer dans un temps assez long pour que l'oreille profite de leurs couleurs riches et même légèrement saturées. Avec un peu de recul, un an après, je trouve ces couleurs toujours aussi belles et fascinantes. Cependant le point faible de cette pièce est de s'appuyer sur ce travail harmonique exclusivement, sans mettre ces harmonies aussi belles que statiques en contraste avec des éléments plus rythmiques ou plus dissonants.

Les membres du jury de la classe de composition du conservatoire de Liège m'ont dit qu'ils trouvaient la pièce fort bien construite mais pas excessivement originale, avec un petit côté "musique française des années 1940". Ce qui n'est pas faux du tout. Je ne suis pas extrêmement content de cette pièce qui n'est pas ce que j'ai écrit de plus personnel ou de plus audacieux, mais je la conserverai à mon catalogue car elle comporte tout de même une assez jolie ligne mélodique à l'alto qui pourrait séduire justement les altistes que le contemporain pur et dur n'attire pas plus que ça.

Du reste, chers lecteurs, vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole et pouvez jeter un coup d'oreille au mp3 (un grand merci à la pianiste Brigitte Foccroule qui a réalisé un travail fantastique avec cette pièce m'autorise à partager l'enregistrement avec vous):

Fichier audio intégré

La partition est disponible sur le site Tamino Productions: à imprimer soi-même, au format PDF ou comme partition imprimée à la demande.

vendredi 11 mai 2012

La liberté ou la mort !

La liberté ou la mort ! est le titre d'une pièce récente pour quatre trombones et électronique live qui a été créée le 17 décembre 2011 à Liège. Voici un extrait des notes de programme:

Cette pièce a été commandée par Alain Pire et le Département de cuivres graves du Conservatoire Royal de Liège ainsi que le Centre Henri Pousseur pour le festival Images Sonores 2011.


Le titre fait référence à un roman de N. Kazantzakis, mais cette pièce fut inspirée par les évènements connus sous le nom de “Printemps arabe” qui ne renversèrent pas que des gouvernements, mais aussi les préjugés que les Européens conservaient sur leurs voisins de l'autre côté de la Méditerrranée. Elle est respectueusement dédiée à la mémoire de Mohamed Bouazizi, le marchand de légumes de Sidi Bouzid en Tunisie qui en s'immolant par le feu le 17 décembre 2010 déclencha la révolution tunisienne et toutes les autres. Selon les mots de Hassen Mustapha, il a brisé le “mur de la peur”.


Ce n'est pas une pièce de musique descriptive, mais elle cherche à dépeindre les sentiments d'oppression, de souffrance, de lutte et finalement de triomphe qu'ont connu les combattants de la liberté dont le courage et l'abnégation sont une leçon admirable que les Européens devraient méditer.


J'écrivais cela il y a 5 mois, et l'actualité fut des plus riches depuis: pour s'en tenir au pays du sud de la Méditerranée, la Lybie a vu l'effondrement du régime Khadafi, avec l'aide de l'OTAN, et l'exécution sommaire de son chef; les électeurs en Tunisie et en Egypte ont placé les islamistes (modérés) en tête des législatives; et la Syrie s'est enfoncée dans un confit sanglant dont l'issue paraît incertaine. Et la France a connu le tragique épisode des tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban.

Ces événements sont-ils de nature à remettre en cause le ton optimiste et même idéaliste de ma note de programme de décembre dernier ? Au contraire, ils ont affermi mes convictions. Car le moment où un criminel terroriste abat trois enfants de sang-froid à cause de leur religion n'est pas le moment où il faut céder à la peur, à la haine, ce qui reviendrait à approuver les causes mêmes de ce crime. C'est le moment de témoigner tout d'abord de notre solidarité avec les victimes et leur familles, ce que les Toulousains ont fait massivement. C'est aussi le moment de réaffirmer la volonté de vivre ensemble qui est le ciment de la république. Chrétiens, Juifs, Musulmans ou athées, nous respirons le même air, vivons sous le même ciel et partageons le même territoire. Et lorsqu'un criminel frappe l'un des nôtres, nous sommes tous atteints.

C'est aussi le moment de redire mon indignation envers les fêlés d'extrême droite qui se réjouissent - c'est horrible à dire vraiment - se réjouissent sincèrement de ces événements tragiques car ils y voient une confirmation de leurs théories racistes ou d'un "choc des civilisations". A savoir que le conflit serait le seul mode de relation possible entre des gens n'ayant pas la même religion ou la même culture. Il suffit de se rappeler les yeux brillants et le sourire d'une oreille à l'autre de Marine Le Pen lorsqu'elle a entonné son petit air du "je vous l'avais bien dit" à la télévision. Une chanson qu'elle a prudemment attendu l'identification du tueur avant d'entonner; et on a sans doute poussé de gros "Ouf !" dans son entourage lorsqu'on a su que le tueur était certes un fêlé d'extrême-droite, mais un fêlé d'extrême-droite musulman et pas un copycat du tueur d'Oslo.

En apportant notre soutien aux révolutions tunisiennes et égyptiennes, avons-nous indirectement et sans le vouloir cautionné l'arrivée d'un islam radical au pouvoir ? Les islamistes vont-ils rafler la mise et imposer une dictature pire que la précédente, comme ils l'ont fait en Iran en 1980 ? Bien malin qui saurait prédire l'avenir. Mais il y a des signes qui indiquent que beaucoup ne semblent pas prêts à baisser la tête. L'islam radical n'est au fond qu'une force politique parmi d'autres, comme les Cléricaux sous la troisième république. Et les peuples du maghreb ne tarderont pas à apprendre, s'ils ne le savent pas déjà, que la démocratie ça n'est pas seulement les élections tous les 5 ans, c'est aussi le respect des minorités, l'indépendance de la presse, les contre-pouvoirs comme les syndicats et associations. C'est un énorme chantier qu'ils ont devant eux, chantier qui est très loin de l'achèvement même en Europe, ce qui devrait nous inciter à la modestie. Je crois même que les progrès qui suivront les révolutions arabes pourront nous servir de leçon plus d'une fois.

Qu'on me permette de le redire encore: refuser la peur, la ségrégation et le choc des cultures ça n'est pas faire preuve de naïveté. La ségrégation mène toujours à la violence, le ghetto conduit au pogrom, hier comme aujourd'hui, en Israël, en Bosnie, en Afrique du Sud comme à Toulouse où à Oslo. Nous n'avons pas besoin de plus de murs, plus de frontières, plus de fils de fer barbelés et de militaires en faction. Nous avons besoin de plus plus de solidarité, plus de liberté, plus de dialogue et de compréhension mutuelle. Le prix à payer pour la liberté est élevé, car elle n'est jamais acquise, c'est une construction collective permanente et fragile. Elle ne tient que si on est prêt à tout pour la préserver. Aujourd'hui plus que jamais la seule alternative qui compte c'est vivre libre ou mourir.

Revenons à la musique elle-même: dans ce poème symphonique pour quatre trombones, j'ai volontairement intégré un style tonal dans certains passages, comme le choral final, pour le mettre en contraste avec le début de la pièce qui est plus tendu et dissonant. En revanche j'ai évité les orientalismes (comme les gammes avec seconde augmentée) qui auraient été de mauvais goût. Ayant eu trop peu de temps pour compléter cette partition, je n'en suis pas vraiment satisfait. Toute la partie électronique est à refaire notamment. Cela dit, Alain Pire m'a dit qu'il aimait bien la pièce en dépit de son caractère stylistique mélangé, et a souhaité mettre un lien vers l'enregistrement depuis la page du département de cuivres graves du conservatoire de Liège. Ce qui est certain c'est que les interprètes Alain Pire, Nicolas Villers, Jean-François Cosentinos ont fait un très beau travail sur cette pièce, ce qui à soi seul justifie qu'on partage un bout de MP3 avec nos lecteurs. 

Fichier audio intégré

La pièce sera reprise en avril 2013 à Paris (sans doute dans une version remaniée).

mercredi 14 décembre 2011

La liberté ou la mort !

Samedi 17 décembre 2011, dans le cadre du festival Images Sonores organisé par le Centre Henri Pousseur, le département de cuivres graves du Conservatoire de Liège proposera plusieurs créations, dont celle d'une pièce pour quatre trombones et électroniques que m'a commandée Alain Pire. Extrait des notes de programme de cette pièce:

Le titre fait référence à un roman de N. Kazantzakis, mais cette pièce fut inspirée par les évènements connus sous le nom de “Printemps arabe” qui ne renversèrent pas que des gouvernements, mais aussi les préjugés que les Européens conservaient sur leurs voisins de l'autre côté de la Méditerrranée. Elle est respectueusement dédiée à la mémoire de Mohamed Bouazizi, le marchand de légumes de Sidi Bouzid en Tunisie qui en s'immolant par le feu le 17 décembre 2010 déclencha la révolution tunisienne et toutes les autres. Selon les mots de Hassen Mustapha, il a brisé le “mur de la peur”.

Ce n'est pas une pièce de musique descriptive, mais elle cherche à dépeindre les sentiments d'oppression, de souffrance, de lutte et finalement de triomphe qu'ont connu les combattants de la liberté dont le courage et l'abnégation sont une leçon admirable que les Européens devraient méditer.

La création de cette pièce aura lieu un an jour pour jour après l'immolation de Mohamed Bouazizi. Il est évidemment très frappant qu'elle intervienne la même semaine qu'un tragique fait divers qui frappe la ville de Liège en son coeur (la place Saint-Lambert). Comme le rappelle très justement le directeur de l'OPL, Jean-Pierre Rousseau dans son blog, Liège a vécu hier ce que des milliers d’Irakiens, d’Afghans, de Palestiniens, d’Israéliens et bien d’autres endurent régulièrement dans une indifférence quasi-générale.. On pourrait ajouter les Syriens, les Yéménites, les Birmans, les Coréens...

Quel leçon tirer de cette tuerie aveugle et insensée ? Pour ma part, outre une invitation à la compassion avec les victimes bien au-delà des frontières, j'y vois une mise en garde: le combat pour la liberté, la sécurité, les droits humains n'est jamais terminé. Rien n'est jamais acquis, et surtout pas la démocratie, cette vaste et fragile construction collective qu'il faut toujours réinventer.

Pour revenir au concert du 17 décembre, il aura lieu à 20h30 au Théâtre Royal Universitaire de Liège, et permettra d'entendre également des créations de mes camarades, comme Alithéa Ripoll, Gaëlle Hyernaux, Sarah Wéry, et Igor Kéfalidis.

Je recommande également très chaleureusement aux lecteurs Liégeois de ce journal le concert du jeudi 15 décembre (même lieu, même heure) qui sera un double portait des compositeurs Jean-Marie Rens et Gilles Gobert.

mercredi 14 septembre 2011

Les Jewish Folk Songs en vidéo

J'ai écrit les Chants Populaires Juifs il y a 4 ans, autant dire une éternité. A l'époque complètement autodidacte, je m'étais fixé des objectifs tout à fait modestes: écrire une musique simple, de style tonal, destinée à des musiciens amateurs, plaisante à jouer et qui tienne à peu près la route. Après les avoir joués avec mes amis en avril puis en juin 2007, j'ai posté la partition sur internet avant de passer à d'autres projets (et de commencer mon apprentissage de compositeur plus sérieusement).

Bien m'en a pris car j'ai reçu ensuite des emails d'un peu partout (par exemple des Etats-Unis) me signalant des concerts de musiciens étudiants ou amateurs, souvent assortis de quelques mots gentils.

Plus récemment, l'été dernier c'est le Trio Ayesha un groupe de musiciens italiens récemment formé, qui a donné ces pièces en concert lors d'un Festival en Belgique. Ils ont également eu la gentillesse de filmer le concert et de poster des extraits sur Youtube afin que les lecteurs de ce blog puissent en profiter. Le seul inconvénient étant la prise de son: c'est capté avec le micro du caméscope, il y a du souffle, de la réverbération et aussi de la distortion dans les fréquences les plus aigües (ce qui déforme le timbre des instruments). Cela étant dit c'est un petit morceau de concert tout à fait écoutable et charmant. Voici par exemple le mouvement lent:

Un grand merci à Marco Messa, Michele Vagnini et Ramzi Hakim.

dimanche 12 juin 2011

Entrée en eau

Entrée en eau est le titre d'un poème d'Aurélie Loiseleur, tiré de son dernier livre Entrées en Matière. anonymous-tushita-meditation-drop-9917203.jpgC'est ce poème, lu par son auteure que j'ai choisi comme point de départ pour ma toute première pièce de musique électroacoustique. On y trouve bien sûr des bruits d'eau; pluie, cascades, gouttes, mais aussi quelques sons de piano, qui ont été retravaillés pour s'harmoniser avec les gouttes. Avec les bruits d'eau on dispose d'une palette assez riche où l'on des sons harmoniques comme les gouttes aussi bien que la cascade qui se rapproche du bruit blanc (saturation de toutes les fréquences) et tous les intermédiaires. Au-delà de l'aspect technique - enregistrer, nettoyer, filtrer, mixer les sons - l'une des difficultés est de dépasser l'aspect anecdotique ou descriptif des sons pour leur donner une qualité, une présence, une signification, un rythme véritablement musicaux. Pas sûr que j'ai vraiment réussi dans cette pièce qui ne me satisfait qu'à moitié. Elle possède néanmoins le grand avantage de durer 2 minutes seulement, et de se terminer donc avant qu'on en soit lassé.

Quoi qu'il en soit, voici Entrée en eau, récité par Aurélie Loiseleur, musique de votre serviteur:

Fichier audio intégré

- page 1 de 4