Mot-clé - Ludwig van Beethoven

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mardi 16 février 2016

Dialogue d'amour

Vous connaissez sans doute les sonates de Beethoven pour piano et violon, interprétées par Clara Haskil et Arthur Grumiaux. Je ne sais s'il existe plus parfait dialogue d'amour. Chacun prend sa place en soulignant la place de l'autre, chacun est un creux pour que l'autre vienne s'y étendre, il épouse les formes de l'autre et ne tient et n'élève la voix que parce que l'autre, loin de se cacher dans le convexe qui le définit, devient le concave de l'autre. Ils se suivent, ils s'approchent, ils se caressent, ils se soutiennent. Le piano s'entend encore quand le violon a repris et le premier n'a d'autre soin en jouant que de faire déjà entendre le retour du second. Jamais ils ne se séparent, le dire de l'un n'est que préparation au dire de l'autre, à sa mise en valeur, à sa meilleure présence, à sa plus grande beauté. L'un et l'autre sont tellement singuliers, à la pointe du meilleur d'eux-mêmes, que la singularité de l'autre n'a que s'y lover. Chacun dispose de l'autre, parce qu'il se dispose à l'autre.

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vendredi 25 septembre 2015

Nuit du Quatuor au Musée de l'Orangerie

Le 3 octobre prochain, le Musée de l'Orangerie à Paris proposera, en collaboration avec ProQuartet, et dans le cade de la Nuit Blanche de Paris, une nuit entière de quatuor à cordes, dans un lieu de concert aussi beau qu'insolite: la salle des Nymphéas ornée de la célébrissime fresque de Claude Monet (photo ci-dessous). 

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lundi 29 juillet 2013

A late quartet (Le quatuor) par Yaron Zilberman

Sorti l'hiver dernier aux US, cet été en France dans une relative discrétion, A Late Quartet raconte l'histoire d'un quatuor à cordes professionnel côté coulisses. Le violoncelliste (Christopher Walken, magnifique) découvre qu'il est atteint de la maladie de Parkinson, ce qui déclenche une crise majeure au sein du célèbre quatuor La Fugue qui allait entamer sa vingt-sixième saison. Des passions réprimées ou bien enfouies depuis des années font surface et mettent rudement à l'épreuve l'harmonie de ce drôle de mariage à quatre qu'est le quatuor à cordes. Recentré autour de cinq personnages principaux, servi par un jeu d'acteurs qui sonne très juste, le drame se déroule dans un impeccable crescendo émotionel jusqu'au premier concert de la saison, qui cristallise toutes les passions.

Le silence qui précède ce concert, les regards échangés par les quartettistes et ce que leurs visages expriment par leur immobilité même, est un très beau moment de cinéma. Ayant pénétré l'histoire, les motivations, les rêves réalisés ou contrariés de chacun d'eux, la force et la subtilité des liens qu'ils ont tissé en vingt-cinq ans, on comprend un peu mieux pourquoi quatre archets peuvent exprimer autant d'émotions, et nous boulverser au plus profond.

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Le sixième personnage, invisible mais omniprésent, est le quatorzième quatuor en ut dièse mineur du grand Ludwig van. Il forme l'essentiel de la bande son du film. Sa nature fragmentée et imprévisible épouse celle de la narration, qui procède par petites touches. Sa force expressive donne plus de relief à des scènes intimistes et souvent très pudiques (certains critiques ont jugé que c'était un peu surjoué par moments, mais je n'ai pas eu cette impression).

Les musiciens le savent bien: lorsqu'on travaille une pièce sérieusement, on la décortique, on la répète, on finit par en être obsédé, elle nous habite et revient par fragments dans notre oreille intérieure à tout moment de la journée. Ce film est une tentative pour faire entrer le spectateur dans l'univers mental d'un violoniste professionnel, et en tant que tel c'est une réussite. Le soin apporté au détails (il est manifeste que les acteurs ont travaillé plusieurs mois pour ne pas avoir l'air trop ridicules avec un archet dans la main, même les doigtés et coups d'archet des scènes en playback sont corrects) montre que ce film a été réalisé par un amoureux de la musique. Au milieu de la torpeur estivale, ce conte d'hiver new-yorkais est une heureuse surprise qui démontre si besoin est que le cinéma américain ne se limite pas aux blockbusters dont les ficelles scénaristiques sont aussi grosses que le budget. 

mardi 5 avril 2011

La musique de l'avenir sur les instruments du passé

Reçu dans ma boîte à spam, cette pub de la Cité de la Musique:

L'intégrale des symphonies de Beethoven.

Compositeur universel, Ludwig van Beethoven n'a cessé d'influencer des générations de musiciens. La Cité de la musique vous propose l'intégrale de ses symphonies. Interprétée par la Chambre Philharmonique sous la direction d'Emmanuel Krivine et jouée sur instruments d'époque, cette série de concerts retrace la manière dont Beethoven a dépassé toutes les conventions pour projeter le genre symphonique dans l'avenir.

En mon for intérieur, je n'ai pas pu m'empêcher d'être perplexe: si le mec, là, Beethoven, il était tellement moderne qu'aujourd'hui encore il décoiffe les mamies de la salle Pleyel, quel besoin y a-t-il d'utiliser des instruments anciens (ou copies d'ancien) pour le jouer ?

Attention, je n'ai rien de spécial contre E. Krivine et son orchestre: j'ai eu le bonheur de les entendre à Salzbourg il y a quelques années dans un opéra de Mozart, c'était vraiment impec. Du travail soigné, à l'ancienne. Je kiffe les cordes en boyau, les cors naturels, et les pianoforte sans double échappement. Respect total pour les mecs qui font des années de recherches sur le son des instruments. Si le son n'est pas important, qu'est-ce qui est important pour un musicien ?

Cela étant posé, c'est tout de même ahurissant se se présenter comme progressiste alors qu'on se spécialise dans la musique vieille de 200 ans et plus. C'est là la plus grande ruse des musiciens spécialisés dans les instruments d'époque: se faire passer pour modernes et par conséquent, ringardiser ceux qui ne jouent pas comme eux. Pour un peu, on y croirait, à leur fable. Comme si l'histoire de la musique (celle qu'on enseigne dans les histoires de la musique) était définitivement close. Comme si la seule évolution était celle des traditions interprétatives. Comme si la musique qu'on fait aujourd'hui, que ça soit du rock ou du Mantovani, c'était forcément de la merde (alors que tout le monde sait que dans le rock il y a des choses bien parfois). Du reste nous en avons déjà parlé. La muséification à l'oeuvre dans tous les arts, la culte effréné et idolâtre des oeuvres du passé et la réaction des artistes contemporains qui trouvent refuge dans l'absurde, la provocation ou l'anecdotique, tout ça caractérise notre époque et n'augure rien de bon d'ailleurs pour celle qui va suivre.

C'est décidé: la prochaine fois qu'un ayatollah du diapason à 415 Hz, adepte du J-S Bach avec archet convexe et sans un picogramme de vibrato me chauffe les oreilles en me disant qu' on ne peut plus jouer comme ça aujourd'hui, je commencerai par lui rire au nez bien fort avant de répliquer: z-y-va bouffon, tu trouves ça moderne de jouer du violon comme mon arrière-grand-mère ?

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(illustration de ce billet: Comme les vieux chantent, ainsi les jeunes jouent de la flûte, toile de Jacob Jordaens, 1638, conservée au musée d'Anvers).


lundi 1 décembre 2008

Concert Beethoven par la compagnie du pianoforte le 5 décembre à Paris

De temps en temps un peu de pub ne fait pas de mal:


Dans les Salons de la Fondation Dosne-Thiers
Institut de France - Place Saint-Georges, Paris 9è

  • BEETHOVEN : Lieder songs & Sonates
  • Pierre BOUYER & La Compagnie du Pianoforte
  • Nicole TAMESTIT, violon
  • L’OISELEUR des LONGCHAMPS, baryton

Résa : 01 48 5912 66 - contact@abdm-productions.com

Prix des Places : 22 Euros – Réductions Enfants & Etudiants : 12 Euros

Les Editions Diligence et La Compagnie du Pianoforte.

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Attention il faut supporter le diapason à 430 Hz ça fait bizarre au début (mais les chanteurs apprécient).

J'aurai sans doute l'occasion de parler du disque Beethoven de Pierre Bouyer et Nicole Tamestit dans un prochain billet.

samedi 8 novembre 2008

Croyez-vous en Dieu ?

L'avantage qu'on peut trouver à aborder un sujet aussi vaste que « La foi et la tonalité dans la musique occidentale » c'est que par l'ampleur même du sujet on n'est tenu à aucune forme d'exhaustivité. Je me contenterai donc de remarques disparates, ou d'une approche transversale pour employer un mot à la mode (étonnant qu'il ne soit pas encore dans le dicomoche d'ailleurs).

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dimanche 31 août 2008

À la une de la presse people ce mois-ci

Le Monde de la Musique Le Monde de la Musique c'est un peu le Elle ou le Voici de la musique classique: les nouvelles des stars, la mode de la rentrée, l'actualité du disque, le quizz quel Beethovénien êtes-vous ? ...

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samedi 17 mai 2008

Les sonates de Beethoven par Charles Rosen

Bien que n'étant pas un collectionneur maniaque, j'ai tout de même un certain nombre de versions des sonates pour piano de Beethoven en disque, surtout pour les dernières. Parmi celles que j'écoute le plus souvent figurent le double album des cinq dernières sonates par Charles Rosen (Sony Classical).

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samedi 18 août 2007

Ode à la Joie et Largo pour ensemble de violoncelles

Viola, Viola est le nom d'un duo pour deux altos de George Benjamin. En suivant la même logique, le Largo pour quatuor de violoncelles que j'ai posté sur Score Exchange devrait s'appeler Cello, Cello, Cello, Cello...

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samedi 12 mai 2007

Compte-rendu du concert du 11 mai

Voici un bref compte-rendu du concert du 11 mai. Il était consacré aux mélodies populaires anglaises, écossaises et irlandaises, arrangées et harmonisées par Haydn, Beethoven et d'autres (Hummel, Weber, Kozeluch). Le fait qu'un éditeur anglais ait fait appel à des compositeurs autrichiens pour de simples arrangements en dit long sur le désert de la création musicale qu'était le Royaume-Uni au début du 19è siècle. Apparemment ces arrangements (pour voix, violon ou flûte, violoncelle et piano) rencontraient un certain succès. C'était un peu la musique "commerciale" de l'époque, par opposition à la musique savante (comme les quatuors à cordes) qui se vendait moins bien. Pour le comprendre, il faut imaginer une époque sans télé, sans balladeur MP3, où le seul moyen d'écouter de la musique était d'en jouer avec des amis à la maison !

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jeudi 3 mai 2007

Concert vendredi 11 mai 2007

Je relaie une annonce de concert envoyée par Jacques Loiseleur des Longchamps (baryton). Sylvie Althaparro, une mezzo que j'aime beaucoup, participe également au concert.

Outre un arrangement de Hummel de la 6è symphonie de Beethoven (la "Pastorale"), le programme comporte une sélection de chansons populaires.

Je ne suis pas très enthousiaste généralement pour les instruments "anciens" ou "baroques" ou d' "époque". Les recherches sur le son, la technique sont intéressantes mais ce qui me rebute avant tout est l'accord à un disapason inférieur au 440Hz, que rien ne justifie. Voilà peut-être pour moi l'occasion de réviser mes préjugés (ou de les confirmer au contraire !)

Je donne également l'adresse du site de la compagnie du pianoforte. Il ne paraît pas très à jour (la liste des concerts s'arrête en septembre 2006).