Mot-clé - composition

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 6 février 2017

Trois études pour piano: partition disponible

La partition de mes trois premières Études pour piano seul est enfin disponible en ligne, sur le site Tamino Productions, au format PDF et au format papier.

Loiseleur_Etudes_Cover.png

Lire la suite...

jeudi 7 avril 2016

Ce qu'on gagne en perdant

Il y a quelques semaines, j'avais soumis une pièce pour quatuor à cordes à un concours de composition organisé par la Société Royale d'Harmonie d'Anvers. Comme toujours ce fut le rush pour arriver à terminer la pièce dans les temps, sans compter qu'avec les enfants et mon bolout d'ingénieur à mi-temps, je n'ai pas autant de temps pour travailler que je le souhaiterais. Le jury a reçu pas moins de 95 oeuvres et devait en sélectionner 5 qui seront jouées par le Quatuor Tana lors du prochain Festival d'Aix-en-Provence. Ma pièce n'a pas été sélectionnée mais apparemment ça ne s'est pas joué à grand-chose à en croire cette mention du jury:

 

Le jury tient à exprimer son admiration par rapport à la grand qualité des œuvres soumises, et souhaite faire mention expresse des œuvres Aux frontières du silence de Patrick Loiseleur (France) et Jardins suspendus de Adrian Mocanu (Ukraine), qui sont restées en lice jusqu'à la fin.

Lire la suite...

dimanche 17 janvier 2016

La dernière colère de Pierre Boulez

Monsieur Pierre Boulez nous a quitté le 6 janvier dernier. Hommages et témoignages n’ont  cessé d’affluer, dans la presse écrite (avec une série d’articles de Renaut Machart dans le Monde, la une de Libé) mais aussi sur ma radio préférée, France Musique, où des musiciens comme Pierre-Laurent Aimard ou Pascal Dusapin ont trouvé des mots justes et d’une émouvante simplicité pour évoquer sa mémoire.  (à réécouter dans le « Classic Club » de Lionel Esparza du 7 janvier). Il n’y a guère que le Gorafi qui n’a pas encore rendu hommage à sa façon au musicien français le plus célèbre dans le monde après David Guetta.

C’est en 1945 qu’Olivier Messiaen accueille dans sa classe d’Analyse au Conservatoire un jeune homme de vingt ans particulièrement brillant, dont il ne tarde pas à remarquer le tempérament bouillant et irascible. C’est une colère terrible qui anime Pierre Boulez, colère qu’on peut déjà sentir dans sa Première Sonate pour piano, et qui ne s’est jamais calmée depuis.  On sent encore très nettement une forme de rage froide dans la pièce Sur Incises de 1998. Avec quelques autres (Cage, Stockhausen, Ligeti, Berio, Xenakis) ils vont péter la baraque. Du haut de leur vingt ans, ils vont ringardiser ceux qu’on considérait comme avant-gardistes dans les années 1930 : Messiaen, Hindemith, Bartók, Stravinsky, Janacek, Chostakovitch, et même Schönberg.

Lire la suite...

dimanche 27 décembre 2015

Joyeux Noël avec les Essenti'Elles

L'ensemble vocal féminin Les Essenti'Elles vous souhaite un joyeux Noël avec ce chant de Noël écrit spécialement pour l'occasion par l'auteur de ce journal:

Lire la suite...

mardi 22 septembre 2015

Création partielle du Quintette pour flûte, harpe et trio à cordes à Cologne

Tellement occupé par ailleurs, j’ai omis d’annoncer la création le 12 septembre 2015 de mon Quintette pour flûte, harpe, violon, alto et violoncelle. Une pièce qui m’a été commandée suite au succès d’une autre pièce pour 13 altos qui fut créée à la Philharmonie de Cologne dans le cadre de sa saison de musique de chambre. J’ai choisi pour titre « Leben und Lieben eines Schmetterlings » et nos chères lectrices qui parlent parfaitement l’allemand n’ont pas besoin de dictionnaire pour savoir que cela se traduit par « Vies et Amours d’un Papillon ». Seuls deux mouvements étaient terminés pour ce concert, alors que je voulais en écrire cinq (mais je le ferai certainement) :

  • « Nachtstück » (Noctune)
  • « Erstflug » (Envol).

Lire la suite...

dimanche 5 juillet 2015

Comment écrire une symphonie avec trois notes (remarques sur la Cinquième de Vaughan Williams)

La scène se passe à Londres en novembre 1937. Tandis qu'un brouillard épais et glacé recouvre la ville, dans l'ambiane feutrée et capitonnée du St Regent Composer's Club, le digne Sir Vaughan-Williams finissait un excellent whisky écossais en compagnie de son vieil ami David S, musicologue. Partie des sujets d'actualité, la conversation arriva sur la musique dodécaphonique:

Lire la suite...

lundi 25 mai 2015

Autour du piano, Concert-hommage à Olivier Greif

Le 21 mai 2015 à Paris, le Conservatoire de la rue de Madrid où il a été étudiant (devenu entretemps CRR de Paris) accueillait un très beau concert-hommage à Olivier Greif, intitulé Autour du piano. Ce compositeur disparu en 2000 était également un excellent pianiste, et bien que terriblement exigeante, son écriture pour piano dénote une connaissance intime de l'instrument. Je crois me souvenir d'une interview où il déclarait avec humour que le pianiste en lui devait maudire le compositeur qui lui donnait tant de fil à retordre !

Lire la suite...

vendredi 22 mai 2015

Le Roi Arthus de Chausson bientôt à l'Opéra de Paris

Plus de cent ans après sa création à Bruxelles, l'unique opéra d'Ernest Chausson fait enfin son entrée à l'opéra de Paris. Il était temps ! Les Parisiens pourront enfin découvrir ce Tristan à la française, qui narre les amours contrariées (et adultérines) de Lancelot et Guenièvre. Je vous en dirai plus dans un prochain billet, car j'aurais le plaisir d'assister à cet évènement. En attendant je vous invite à écouter cette interview de Roberto Alagna sur le site de l'Opéra de Paris qui nous dit que l'orchestre est un personnage à part entière, et que la voix n'est qu'une des composantes d'une riche texture.

Bien qu'il s'en défende, l'écriture de Chausson reste assez proche de Wagner, au moins sur le plan technique. La polyphonie (chaque voix se veut une ligne mélodique), le chromatisme avec des modulations incroyables et des changements de couleur magnifiques, le romantisme exacerbé, le développement d'un petit nombre de motifs simples, tout cela est assez wagnérien. Mais la musique de Chausson possède aussi par instants une grâce, une élégance, une légèreté fort peu germaniques, et elle semble annoncer l'impressionnisme.

Lire la suite...

mercredi 25 mars 2015

Rose Fleur d'Oranger, pour sept violoncelles

En 2013, à la demande d'Yseult Kervyn et de la classe de Jean-Pol Zanutel du Conservatoire Royal de Liège, j'ai commencé un cycle pour violoncelle et électronique intitulé La Couleur Me Possède . Ce titre fut inspiré par une phrase du journal du peintre Paul Klee qui était un grand coloriste. Chaque pièce associe une couleur et un sentiment, et pour l'instant trois pièces sont terminées:

  • Blanc Deuil
  • Noir Colère
  • Rose Fleur d'Oranger

Lire la suite...

jeudi 19 mars 2015

La mairie de Paris refuse de rendre hommage à Dutilleux

A lire ici (sur le blog l'indépendant du 4e), ici, et puis encore ici, sur le site de Diapason magazine (ou encore dans Le Monde). En résumé, le maire du IVe arrondissement a refusé d'apposer une plaque commémorative sur l'immeuble de l'île Saint Louis qui fut occupé par Henri Dutilleux, au nom d'une sorte de ridicule procès posthume en collaboration. Comparer Dutilleux avec l'écrivain Céline n'est pas judicieux ni justifié par les faits historiques.

Lire la suite...

mardi 17 février 2015

Présences 2015 à la Maison de la Radio

Entendu le 6 février dernier, dans le nouvel auditorium de la Maison de la Radio à Paris, le concert d'ouverture du festival Présences 2015 dédié aux deux Amériques. Quelques mots d'abord sur cet Auditorium qui remplace l'ex Studio Olivier Messiaen. Imaginez un grand cylindre dont la base fait une vingtaine de mètres de diamètre. Le premier niveau est consacré au deux tiers pour la vaste scène qui peut accueillir facilement une centaine de musiciens, et pour un tiers aux spectateurs. Ensuite, sur trois niveaux, des spectateurs sur trois grands balcons qui font le tour complet. Le grand avantage de cette architecture est la proximité avec les musiciens ainsi que la possibilité de voir le chef d'orchestre de face, ce que personnellement j'apprécie beaucoup. 

Lire la suite...

jeudi 22 janvier 2015

Et un sourire

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours, puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs
Une vie,
La vie
À se partager.
Paul Éluard

Lire la suite...

mercredi 3 décembre 2014

Les mille et une mises en musique de Théophile Gautier

Ouï vendredi dernier dans le théâtre de l'Île Saint Louis à Paris, un programme de mélodie tout à fait original. C'est le pianiste François Henry qui s'est mis en tête de collectionner les mélodies écrites sur des textes de Théophile Gautier. L'auteur des célèbres Nuits d'été de Berlioz (que l'auteur du journal de Papageno connaît fort bien, et pour cause) a beaucoup inspiré les compositeurs, pas seulement Français d'ailleurs. François Henry a recensé plus de mille mélodies, et ce concert était consacré à une sélection de celles écrites après 1945, avec Alice Fagard (mezzo), Marie Soubestre (soprano), L'Oiseleur des Longchamps (baryton), François Henry (piano) et Clothilde Bernard (guitare).

Lire la suite...

vendredi 19 septembre 2014

La porte ouverte: musique et poésie le 20 septembre à l'église des Billettes

L'Ensemble Regards et l'association Musique et Poésie vous convient à La porte ouverte, le samedi 20 septembre à 18h30 en l'église des Billettes (24 rue des Archives à Paris). Au programme, quatre créations qui associent un compositeur et un poète, et pour trois d'entre elles instruments acoustiques et musique électronique. Si j'avoue bien volontiers que je ne connais aucun des artistes impliqués dans ce projet, ce sera l'occasion de les découvrir justement.

Lire la suite...

vendredi 29 août 2014

Fête de l'alto à Lasalle en Cévennes

Jusqu'au 30 août j'ai le plaisir de participer à une fête de l'alto dans la charmante bourgade de Lasalle en Cévennes. Au programme, des master-classes autour de trois instruments (alto, harpe, accordéon), et bien sûr des concerts tous les jours et dans tous les lieux possibles (temple, ancienne filature de soie, maison de retraite). Outre une création de Marc Marder spécialement écrite pour l'occasion, nous donnerons égalment mon Râga pour quatre altos. C'est toujours avec une pointe d'émotion que je me rappelle la gentillesse et l'ouverture d'esprit de Pierre-Henri Xuereb, à qui j'avais présenté la première version de cette pièce en 2008, et qui m'avait tout de suite proposé de la programmer à une autre fête de l'alto quelques mois plus tard. Ce n'est pas si courant de recevoir un si bon accueil lorsqu'on est un jeune compositeur inconnu et pour cause. 

Lire la suite...

mardi 6 mai 2014

Bravos de Cologne

De retour de Cologne avec des étoiles pleins les yeux... je pourrais choisir la version sobre en disant simplement: "la création de ma pièce pour 13 altos par Vincent Royer et ses collègues du Gürzenich Orchester à la philharmonie de Cologne s'est très bien passée". C'est vrai mais il y a un peu plus à dire. Comme dit le psaume "je me souviens et mon cœur déborde", et plutôt que d'accumuler superlatifs et épithètes, il est peut-être plus approprié d'user de ce privilège de l'artiste, celui de dire "je", afin de partager ma joie avec vous.

2014-04-26_19.52.15.jpg

Lire la suite...

dimanche 23 juin 2013

Mélodies inédites d'Armande de Polignac

La fête de la musique était quelque peu en avance ce 18 juin dernier pour la centaine de chanceux qui ont pu assister à ce récital de mélodies rares voire introuvables d'Armande de Polignac. Cela se passait au siège de l'association France-Amérique, un lieu somptueux à deux pas des Champs Elysées. La soprano Sabine Revault d'Allonnes, le baryton L'Oiseleur des Longchamps et le ténor Sébastien Romignon Ercolini, accompagnés au piano par Stéphanie Humeau, se sont relayés pour nous faire entendre ces mélodies parmi lesquelles on trouve de véritables trésors, de petits bijoux. Tant par le raffinement de l'écriture que par la sensibilité et l'engagement des interprètes, nous avons entendu ce que la mélodie française peut produire de meilleur.

Par la concision (il n'y a pas une note en trop) et le raffinement harmonique, les mélodies d'Armande de Polignac se rapprochent de Ravel. Elles auraient tout à fait leur place au concert parmi celles de Fauré, Duparc, Chausson, Hahn tant les qualités de l'écriture sont évidentes. Pour donner une idée de l'oubli dans lequel elles sont tombés, L'Oiseleur des Longchamps m'a raconté qu'il a du en chercher certaines à la bibliothéque de France car elles ne sont plus éditées depuis longtemps. Mais le parcours du combattant ne s'arrêtait pas là car il y avait des éditeurs qui s'ils ne possédaient même pas une photocopie des partitions originales, en détenaient les droits (sans doute par le jeu des rachats de catalogues entiers lorsqu'uu éditeur met la clé sous la porte). Il fallut donc les retrouver et demander des autorisations... Ce concept d'éditeur qui détient les droits sans faire le travail correspondant (rendre la partition disponible) me laisse un peu rêveur. Ce n'est qu'une illustration caricaturale du fait que donner des des droits monopolistiques garantis par l'état à un éditeur jusqu'à 70 ans après le décès du compositeur est tout sauf compatible avec l'intérêt général, et ne va certainement pas dans le sens de la défense de l'art vivant et de la création.

Fermons cette parenthèse et revenons à la musique: ce programme passionnant et inédit sera bientôt enregistré en disque, disponible d'ici à la fin de l'année. Ce qui permettra de rendre justice à cette compositrice méconnue. A ceux qui se demanderait pourquoi si peu de gens se sont intéressés à cette musique si elle est vraiment excellente, j'ai envie de répondre que les histoires de la musique sont tout sauf équitables, et qu'on entend très régulièrement dans les concerts classiques des navets sans grand intérêt alors que de véritables trésors dorment dans les bibliothèques. Dans ce domaine comme dans d'autres le conformisme fait des ravages, et la curiosité reste le meilleur atout du musicien comme du mélomane.

mercredi 11 mai 2011

Petites Fanfares Célestes à la Philharmonie de Liège le 15 mai 2011

Mes Petites Fanfares Célestes seront données à la philharmonie de Liège (Belgique) dimanche prochain, 15 mai 2011, à 15 heures, dans une nouvelle orchestration pour grand ensemble de cuivres et percussions (la version originale étant pour dixtuor de cuivres: 4 trompettes, cor, 4 trombones, tuba). Dans le cadre d'un projet destiné à rapprocher jeunes compositeurs et formations de musiciens amateurs, elles seront jouées par la Fanfare Royale de Malmedy sous la direction de Vincent Dujardin.

createurs__pour_les_amateurs.JPG

C'est l'occasion pour moi de remercier chaleureusement et par avance Vincent Dujardin et les musiciens de la Fanfare Royale ainsi que Michel Fourgon, professeur au conservatoire de Liège, pour avoir permis à ce projet de se concrétiser.

jeudi 24 février 2011

Neige sur Liège (haïku, pour voix et piano)

Écrit en décembre dernier, en deux heures, entre deux répétitions d'orchestre à Liège, et en regardant la neige tomber par la fenêtre au-dessus de la Cité Ardente, voici la partition d'un Haïku pour voix et piano. L'ambitus vocal étant assez réduit (une octave, du mi au mi) c'est chantable par presque toutes les voix ou presque. Un Haïku est nécessairement très court (5 + 7 + 5 syllabes, encore que le comptage des syllabes ne soit pas le même en Japonais et en Français) et doit comporter une référence à la saison. C'est bien le cas ici:

Neige sur Liège

L'Ardente endormie

Rêve à son passé

Comment rendre musicalement le sentiment de confort feutré et de léger vide qu'on ressent en regardant les flocons tourbillonner derrière une vitre, au-dessus d'une ville immobile et plus grise que jamais ? Je ne saurais l'expliquer, mais alors que je n'avais pas particulièrement prévu de travailler à ce moment-là, une intuition m'a soufflé ce court motif que j'ai jeté sur le papier:

haiku_extrait.PNG

Fichier audio intégré

Le reste a suivi très naturellement. Dans une pièce aussi courte, on ne doit pas introduire trop d'idées si l'on tient à créer une ambiance cohérente. Il vaut mieux jouer avec les matériaux qu'on entend dans les toutes premières secondes, ce qui laisse tout de même une grande liberté car on est bien loin d'avoir épuisé toutes les possibilités de variation et de développement quand la pièce prend fin.

La tête de ce motif, noyée dans la résonance de la pédale, peut faire penser aux nuages et tourbillons debussystes, Mais ce brouillard est vite dissipé par suite du motif (dissonance de septième majeure, rythme pointé, accent, coupure de la pédale) qui débouche sur une note tenue, autrement dit sur le vide. Il est un peu tard et je ne vais pas vous faire un cours sur la contemplation du vide dans la philosophie taoïste mais vous avez saisi l'idée.

Dès qu'un de mes amis chanteur ou chanteuse aura eu la gentillesse de programmer cette chansonnette en récital, j'aurais peut-être un bout de mp3 à poster dans ce journal.


dimanche 13 septembre 2009

Messiaen au paradis ... de la vidéo en ligne

La rédaction du Journal de Papageno ne ménage pas ses efforts pour vous proposer un blog différent avec un contenu original. Pour produire ce billet il a tout de même fallu:

  • écrire 50 pages de musique (120 si on ajoute les parties séparées)
  • réunir dix musiciens et un chef, organiser les répétitions
  • trouver un lieu de concert, rédiger des programmes, faire de la pub (merci Catherine !)
  • jouer les petites fanfares célestes en première mondiale
  • enregistrer et filmer le concert
  • terminer par un petit bout de montage vidéo

A part le premier et le dernier point, ma contribution au projet a été des plus limitées d'ailleurs. Je suis très reconnaissant aux musiciens de l'ensemble KABrass et à Xavier Saumon qui ont accueilli ce projet avec enthousiasme, et lorsque la partition est arrivée, ont toute de suite trouvé le ton mi-sérieux mi-ironique qui convenait à ce cycle et bravement affronté les difficultés techniques. Dans le numéro 3 notamment (Dialogues de l'Esprit), ils ont du notamment souffler sans produire de note, frapper l'embouchure du trombone avec la paume, boucher l'embouchure des trombones avec la main (pour produire un son qui se rapproche de celui du cor), et même se mettre à la percussion en laissant la trompette pour le wood-block ou le triangle. Dans la pièce numéro 3 du cycle consacré à la Trinité, on ne pouvait pas ne pas utiliser un triangle...

S'il faut donc saluer les efforts des musiciens pour défricher une partition nouvelle qui s'éloignait quelque peu de leur répertoire habituel (Stardust, entre classique et jazz, est un de leurs tubes), ce que je retiens de cette expérience, ce que j'ai aimé chez KABrass et qui m'a inspiré pour écrire ces pièces, c'est avant tout le plaisir de produire le son et de jouer ensemble, plaisir on ne peut plus communicatif. C'est le son chaud et plein des cuivres, mais c'est aussi l'ambiance amicale et volontiers facétieuse qui règne dans ce groupe, qui donne une coloration particulière et une forme de légèreté à tout ce qu'ils jouent.

Comme mon professeur de composition aime à le rappeler, les interprètes ont besoin de compositeurs sinon ils n'auraient rien à jouer; mais l'inverse est tout aussi vrai. Moi qui sais tout juste assez de trombone pour entonner La Marseillaise sur cet instrument (avec quelques pains), j'ai pu faire sonner non pas une mais dix embouchures. Une fois encore, merci et bravo à KABrass et à Xavier Saumon.

- page 1 de 2