Denis Olivennes répond aux questions des internautes sur l'accord tripartite contre le téléchargement illégal

On a entendu toutes sortes de réactions à propos de l'accord tripartite signé il y a quelques jours à l'Elysée entre l'industrie du disque, celle du cinéma et les fournisseurs d'accès à Internet. Cet accord a suivi le recommandations du rapport Olivennes et instaure des sanctions progressives (lettre d'avertissement, suspension puis résiliation de l'abonnement à Internet) pour les internautes téléchargeurs.

  • côté positif, on note la volonté des industriels de se débarrasser des DRM (les verrous anti-copie) qui ne servent à rien sinon à embêter les honnêtes gens et à rendre les fichiers musicaux achetés moins pratiques que ceux qui sont piratés (un comble !)
  • côté négatif, avant d'envoyer des e-mails d'avertissement il va bien falloir payer des officines privés pour espionner le trafic afin de repérer les utilisateurs de P2P. Normalement, sous contrôle de la CNIL (mais cette pauvre CNIL a déjà tellement de travail et si peu de moyens !). Selon l'APRIL il n'est pas vraiment possible de contrôler efficacement le trafic sans attenter gravement aux libertés individuelles et à la protection de la vie privée.

On peut lire sur le site du Monde les réponses de Denis Olivennes aux internautes à propos de cet accord:

Personnellement, je suis un peu partagé sur ce dossier. Il ne faut pas faire preuve d'angélisme (peu de gens payeront pour un contenu qu'ils peuvent se procurer gratuitement) mais d'un autre côté les majors ont tellement loupé le virage de la distribution sur Internet que c'est presque trop tard pour elles. Par ailleurs, confier au patron de la FNAC la direction de cette commission revient un peu à demander au renard de rédiger un rapport sur l'avenir des poulaillers...

Certains internautes qui pensaient être protégés par une sorte d'anonymat seront tout surpris en recevant un e-mail leur demandant de cesser de partager tel ou tel album ou video. En Angleterre et aux Etats-Unis, des études on montré que de simples avertissement par courrier électroniques sont suffisants pour dissuader une grande majorité de téléchargeurs (90%).

Notons aussi que des moyens assez considérables vont être mises en oeuvre pour traquer les gens qui partagent de la musique ou des vidéos. On aimerait que des ressources comparables soient consacrées à la lutte contre le spam, les virus et autres logiciels malveillants ! En effet le piratage fait surtout du mal aux majors (et aux artistes, mais dans une moindre mesure) alors que le spam fait du mal à tout le monde.

Enfin, comme je l'ai relevé il y a quelques jours à propos de Barbara Hendricks, les artistes sont en train de comprendre qu'ils n'ont plus vraiment besoin des majors pour distribuer leur musique. Et ça c'est une vraie révolution. A quand la musique équitable, avec un prix modéré pour le consommateur et un pourcentage important reversé aux artistes ?

Commentaires

1. Le mardi 4 décembre 2007, 00:24 par Coren

"Confier au patron de la FNAC la direction de cette commission revient un peu à demander au renard de rédiger un rapport sur l'avenir des poulaillers..."
J'aime beaucoup cette métaphore :)