Gergiev et Temirkanov soutiennent l'orchestre de la radio-télévision grecque

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Lu sur le blog (anglophone) de Norman Lebrecht, la lettre de soutien de deux stars russes de la direction d'orchestre - Valery Gerviev et Yuri Temirkanov - aux musiciens de la radio-télévision d'État grecque, qui attendent toujours d'être fixés sur leur sort.

Certains de leurs arguments sont très forts: ils rappellent notamment que même dans les heures les plus sombres de la crise qui a suivi la chute du communisme, les orchestres russes ont continué de fonctionner (et en Europe, c'est vrai de la plupart des orchestre pendant les années de guerre, pourrait-on ajouter). Ils ajoutent encore qu'un pays sans culture est un pays sans futur, et que la destruction d'un tel ensemble porterait un coup fatal à la culture et au prestige de la Grèce parmi les nations civilisées, sans rien résoudre au plan économique bien sûr. 

A propos des orchestres de la radio néerlandaise, j'avais déjà écrit pour ma part que les économies réalisées sont insignifiantes à l'échelle du buget d'une nation. Contrairement aux avocats ou aux joueurs de tennis, les musiciens professionnels (dans le monde du classique au moins) sont des experts singulièrement peu onéreux. Les musiciens d'orchestre sont des artistes qui fournissent des efforts considérables pour arriver à l'excellence et se contentent en échange du salaire d'un employé de mairie. Loin de moi l'idée de dénigrer les employés de mairie, mais j'ai tout de même l'impression que la sympathique dame qui m'a aidé à remplir mon dossier de renouvellement de passeport n'avait pas fourni autant d'efforts ni surmonté autant de barrières pour décrocher et conserver son job qu'un artiste qui joue du violoncelle ou du trombone professionellement. Et qu'elle ne subissait pas les mêmes contraintes comme de travailler tard le soir ou encore le dimanches et jours fériés.

C'est donc un sentiment d'injustice et d'absurdité particulièrement fort qui m'étreint lorsque je vois que des formations symphoniques qui existent depuis des décennies, qui fournissent un service public d'accès à la culture pour tous avec un budget des plus modestes, sont menacés de mort par des bureaucrates sans conscience. Si l'on n'a plus ni musique ni poésie ni littérature, si l'on n'a plus accès à notre propre histoire, c'est la pire des dictatures qui nous attend. Car un objectif prioritaire de tous les dictatures a toujours été d'effacer la mémoire et la culture des peuples afin de mieux la manipuler. C'est pourquoi il faut écrire aux dirigeants de la Grèce (je ne veux pas parler du gouvernement ni du parlement grecs mais des fonctionnaires du FMI et de la Commission Européenne) pour leur redire: Oui à la culture pour tous, non au culte du veau d'or !