Alfref Brendel a maintenant pris sa retraite, mais heureusement nous ne manquons pas de bons pianistes pour jouer Schubert. Du 18 au 26 mai, l'Archipel propose une intégrale des sonates pour piano avec des interprètes tout à fait recommandables: Hélène Couvert, Christie Julien, Alexandre Léger, Ferenc Vizi, Sodi Braide et Rebecca Chaillot. De quoi s'enivrer des divines longueurs schubertiennes.
Nous avons évoqué la sortie d'un disque monographique consacré par Triton à Karol Beffa il y a peu de temps dans ce Journal. Quelle impression s'en dégage ?
Les ombres qui passent, écrit au départ pour alto, clarinette et piano, capté ici dans la version pour violon, alto et piano, a des couleurs mélancoliques. Les basses enveloppantes du piano et le son généreux de Geneviève Laurenceau et Arnaud Thorette font penser à un trio pour piano romantique, qu'on pourrait presque croire écrit par Brahms, le langage harmonique étant tout de même plus moderne. Deux mouvement lents et méditatifs encadrent un scherzo central énergique et dissonant, où l'on ne trouve tout de même pas la même violence que chez Chostakovitch ou Greif par exemple.
Mirages pour deux pianos (avec la participation du compositeur) reste dans la même atmosphère doucement mélancolique, aux harmonies raffinées.
Suppliques pour violon seul, est assez nettement écrit en sol mineur (une tonalité naturelle au violon, qui permet d'utiliser les cordes à vide), ainsi que les deux Masques écrits en miroir pour violon et violoncelle, écrits pour les frères Capuçon qui les avaient déjà enregistrés.
Manhattan pour alto et piano est (une version remaniée de ?) Metropolis déjà enregistré par le duo Thorette-Farjot. Karol Beffa ayant eu la gentillesse de m'envoyer la partition de cette pièce qui n'est pas encore éditée, j'ai pu l'étudier et la travailler un peu, mais pas encore la donner en concert. Avec une belle énergie rythmique, cette pièce développe un court motif entendu au début en un grand crescendo qui amène une conclusion fracassante. Cette pièce se détache un peu du reste du disque, au caractère rêveur, aux tempi plutôt lents et aux couleurs sombres.
Pour terminer on a droit à une petite douceur: Milonga, un faux tango dans le style de Piazzola et plus vrai que le vrai, arrangé par Arnaud Thorette, où l'altiste s'amuse à utiliser des modes de jeu bizzares issus de la musique contemporaine (col legno, son écrasé, ...) afin de pimenter un peu l'interprétation. Très réussi, très accessible et très raffiné en même temps. Et aussi un clin d'oeil à son disque précédent, des tangos enregistrés chez zig-zag territoires pour notre plus grand bonheur.
Voici l'annonce du prochain concert de KABrass, qui vous permettra d'entendre mes Petites Fanfares Célestes pour la première fois:
L’ensemble
de cuivres KABrass, sous
la Direction de
Xavier-Romaric Saumon
sera en concert le samedi
13 juin à 20h30 à
La Chapelle Notre Dame des Anges (Paris 6ème). Au programme:
Stardust
(Hoagy Carmichael)
London
Miniatures (Gordon Langford)
Mexican
Hat Dance (trad.)
Petites
Fanfares Célestes (Patrick Loiseleur, en création
française)
Jive
Concerto (Jeffrey Agrell)
Original
par sa taille et son genre (4 trompettes, 4 trombones, 1 cor et 1
tuba), et par le côté international de ses membres (France,
Etats-Unis, Chili, Chypre, Australie), cet orchestre permet de mettre
les cuivres sur le devant de la scène et de faire découvrir la
grande diversité de ces instruments.
Chapelle
Notre-Dame des Anges
102
bis rue Vaugirard – 75006 Paris
Métros :
Montparnasse Bienvenüe (4, 6, 12, 13)
La photo ci-dessous vous permet d'apprécier la grande élégance des messieurs qui composent KABrass, mais si vous venez les écouter, vous aurez également l'occasion de réviser certains préjugés que vous pourriez avoir sur la musique pour cuivres. La beauté et la variété des couleurs, la plénitude du son, les grandes possibilités expressives de ces instruments et l'enthousiasme des musiciens m'ont beaucoup séduit et motivé pour écrire ces Petites Fanfares Célestes, qui en fin de compte ne sont pas si petites car elles comportent 5 mouvements et durent près de 20 minutes.
Samedi 16 mai 2009 à 20h, à l'Eglise Saint Merri (76 rue de la Verrerie 75004 Paris), l'ensemble Asser Bach Cantategroep, sous la direction de Paulien Kostense, propose un concert avec Ellen Giacone (soprano) et Job Hubatka (baryton). Au programme:
Félix Mendelssohn-Bartholdy: cantate « Wer nun den lieben Gott läßt walten »
Johann Sebastian Bach: cantates BWV 82 « Ich habe genug »
Entendu hier à l'ENS, le pianiste Sodi Braide dans un programme tout Schubert.
D'abord la sonate en mi bémol majeur D568 (1817). Écrite par un jeune homme de vingt ans (mais Schubert a-t-il jamais été autre chose qu'un jeune homme ?), avec quelques maladresses charmantes dans un esprit déjà très schubertien. Joué par Sodi Braide avec simplicité et délicatesse, en utilisant très peu la pédale forte du piano (et beaucoup plus souvent la pédale una corda). Un mouvement lent très chantant, dont on a un peu de mal à suivre les sinueux développements.
Ensuite la sonate en ut mineur D958 (1828). Une oeuvre de la maturité, et même de la fin. D'une force et d'une ampleur toutes beethovéniennes, cette sonate me fait penser au 15e quatuor. Plus engagée, plus physique, plus rapide aussi que dans l'autre sonate, l'interprétation de Sodi Braide garde une grande clarté. On pourrait bien sûr discuter de détails techniques ou de choix d'interprétation mais tout ce qu'il joue est profondément et intensément ressenti, et c'est bien là l'essentiel. Dans de telles conditions, les divines longueurs schubertiennes sont moins longues et plus divines que jamais.
Les sonates de Schubert nous sont à la fois familières et peu connues, un peu comme un cousin proche qu'on aimerait beaucoup mais qu'aurait un peu perdu de vue. Moins souvent jouées en concert que les pièces courtes du même Schubert (Impromptus, Moments Musicaux) ou que les sonates de Beethoven, elles gagneraient à être mieux connues, surtout celles de la maturité.
Les Parisiens auront la possibilité d'entendre à nouveau Sodi Braide, qui participe à l'intégrale des sonates Schubert donnée à l'Archipel à partir du 18 mai 2009, en compagnie d'autres pianistes tout à fait recommandables: Hélène Couvert, Christie Julien, Alexandre Léger, Ferenc Vizi et Rebecca Chaillot.
Concert de jazz à l'ENS demain soir, l'annonce vient d'arriver:
Malgré des problèmes de liste de diffusion, de salle, de clé, des longueurs pour placarder les affiches... - bref tout ce qui caractérise un club - le club Trouvères est fier de vous proposer un
concert spécial Jazz mardi 28 avril 2009 (c'est-à-dire demain !) à 21h dans
l'habituelle salle des Actes [ ENS, 45 rue d'Ulm, Paris 5è].
Avec au programme des impros, des préludes de Gershwin, un quatuor
piano/trompette/batterie/contre-basse, et plein d'autres morceaux
"Jazz".
Le baryton L'Oiseleur des Lonchamps, accompagné par Mary Olivon au piano, propose un récital original: chaque mélodie, de Adèle à Zulma, a pour titre un prénom féminin. Ce récital sera donné le dimanche 26 avril 2009 au château de Grignan à 17 heures.
Outre le fait que la Drôme provençale est excessivement agréable en cette saison, ce récital est on ne peut plus recommandable par la qualité et l'engagement des interprètes, que j'ai eu l'occasion de vérifier de nombreuses fois, mais aussi par un énorme travail de recherche sur le répertoire qui permettra d'entendre des mélodies françaises rarissimes d'auteurs peu connus mais fort intéressants comme Charles-Marie Widor ou Cécile Chaminade.
Le programme précise enfin que Jean-Sébastien Bach, à qui le Château de Grignan consacre sa saison de concerts mars-avril 2009, ne sera pas oublié.
Le 29 avril 2009 a midi trente, à Paris, salle Cortot, dans le cadre d'un concert donné par les élèves de Michel Merlet, j'ai le plaisir de vous inviter à un concert où vous pourrez entendre deux de mes oeuvres récentes:
Sombres pensées, pour violoncelle seul, interprété par Benoît Stroh
Deux courtes pièces extraites des Poèmes d'après Marguerite Yourcenar pour clarinette, alto et piano, avec Mathieu Prévot (piano), Olivier Tholliez (clarinette) et le compositeur à l'alto.
Le jeudi 9 avril 2009, chers lecteurs, il vous faudra faire un choix difficile:
à l'ENS vous pourrez entendre un superbe concert dédié aux mélodies sur des textes de Victor Hugo, avec Alice Gulipian, soprano, Mae Heydorn, mezzo, L’Oiseleur des Longchamps, baryton, Sofja Gulbadamova, Juliette Regnaud et Fériel Kaddour, piano, Hinde Kaddour, récitante. Outre des mélodies de Bizet, Liszt, Widor, Saint-Saëns, Hahn, vous aurez droit à un cadeau spécial: la création mondiale de Table des matières, mélodie composée par Olivier Greif en 1998. L'entrée est libre mais la réservation est vivement conseillée auprès de Marie-Anne Leroy (maleroy (at) clipper.ens.fr)
à Draveil dans l'Essone, vous pourrez entendre l'Orchestre Moderne sous la direction d'Alejandro Sandler dans un programme américain contemporain: Bernstein, Copeland, Williams.
Draveil, mais où est-ce donc, me direz-vous ? Et bien, pas loin de Ris-Orangis, au bord de la forêt domaniale de Sénart... non ? vous ne voyez toujours pas ?
Les parisiens pourront entendre demain (vendredi 27 mars 2009) à la cité de la musique l'intégrale des Solos pour Orchestre de Pascal Dusapin. Le Monde publie pour l'occasion une interview où l'on apprend entre autre qu'il n'est pas passé par le Conservatoire et qu'il n'est donc pas du sérail ("Ni sériel ni spectral, encore moins néoclassique"). Il a néanmoins étudié avec Xenakis (C'était un immigré, un rastaquouère pas intégré dans l'avant-garde, et c'est pour cela que je l'ai tant aimé). Bon d'accord je n'étais pas né à l'époque mais j'avais plutôt l'impression que Xenakis faisait partie de l'avant-garde et que sa musique connaissait un certain succès. Vérification faite, Xenakis a connu bien des difficultés pour percer et son article sur « La crise de la musique sérielle » en 1955 lui a valu bien des ennemis et lui a fermé bien des portes, et les récompenses officielles sont venues sur le tard (dans les années 1970). Dont acte.
Le compositeur se fâche presque lorsqu'on lui demande s'il vit de sa musique. Est-ce qu'on pose la même question à un violoniste ou à un chef d'orchestre ? Mais le fait demeure que compositeur est vraiment le métier le plus mal payé qui soit: bien souvent le compositeur qui passe 3 ou 4 ans à travailler à un opéra ne touche pas davantage qu le chef ou le metter en scène dont le travail se mesure plutôt en semaines.
Ce que j'ai entendu jusqu'à présent de la musique de Dusapin ne m'a pas fasciné, mais ce concert sera peut-être l'occasion de revoir mes préjugés.
Le Département Histoire et Théorie des Arts de l'Ecole Normale Supérieure organise une conférence-concert autour des mélodies d'Henri Dutilleux, le mardi 31 mars 2009 en salle des Actes: la soprano Manna Ito,
le baryton Marc Callahan, les pianiste Paul Montag et Feriel Kaddour joueront
les mélodies d'Henri Dutilleux. Le concert sera introduit par une
conférence de Maxime Joos, musicologue.
Ce concert est gratuit mais il est obligatoire de réserver (mise à jour le 25 mars: c'est complet). Il sera organisé en deux temps :
19h30 : conférence de Maxime Joos. Cette conférence, élaborée en collaboration avec les musiciens, se destine à un public non spécialiste et sera illustrée par de nombreux exemples musicaux.
20h30 : pause
21h : concert, avec Manna Ito (soprano), Mae Heydorn (mezzo), Marc Callahan (baryton), Paul Montag et Fériel Kaddour (piano).
Programme:
Quatre mélodies : Féerie au clair de lune (Raymond Genty), Pour une amie perdue (Edmond Borsent), Regard sur l'infini (Comtesse de Noailles) et Fantasio (André Bellessort)
San Francisco Night (Paul Gislon)
Chanson au bord de la mer (Paul Fort)
Chanson de la déportée (Jean Gandrey-Réty)
Deux sonnets de Jean Cassou (Jean Cassou, d'après Hugo von Hofmanstahl)
La Geôle (Jean Cassou, d'après Hugo von Hofmanstahl)
L'orchestre Ut Cinquième donnera la Symphonie n°4 de Gustav MAHLER sous la direction de Julien LEROY et avec la participation de Catherine RADLO, soprano.
Dimanche 29 mars 2009 - 16h30 Eglise Sainte-Marie-des-Batignolles
77 place du Dr Félix Lobligeois - 75017 Paris
(métro Rome 2 / Brochant 13)
Mardi 31 mars 2009 - 20h45 Eglise Ste-Croix-des-Arméniens
13 rue du Perche, angle rue Charlot - 75003 Paris
(métro St-Sebastien Froissart 8 / Rambuteau 11)
Le récital Clara Schumann dont nous avions brièvement parlé dans ce journal (mais que je n'avais pas eu la chance de pouvoir écouter) reviendra à l'Archipel à Paris les 23 et 30 mars. La soprane Oriane Moretti nous écrit au sujet de ce spectable qu'elle a conçu:
Ce spectacle est un hommage à une femme et à son talent. Si le
spectacle met en abîme le destin tragique de Robert Schumman, c'est
avant tout pour rendre hommage à un couple exceptionnel à travers la
musique méconnue (mais le prochain film Clara de la réalisatrice allemande Helma Sanders-Brahms, sortie prévue en avril 2009,corrigera,
je l'espère, cette méconnaissance injustifiée) de Clara Schumann :
piano et lieder : une musique éblouissante.
Si ce n'est pas avec moi, je vous souhaite de découvrir cette musique, cette femme : l'Art en sort grandi.
L'ensemble de cuivres KABrass vous invite au concert à Asnières-sur-Seine le 22 mars à 17 heures. De Robin des Bois à Don Quichotte, de « Jericho » au jazz, le répertoire sera varié. Pour un dimanche de détente (Participation libre), venez nous écouter à Asnières le dimanche 22 mars 17 heures.
Original
par sa taille et son genre (4 trompettes, 4 trombones, 1 cor et 1
tuba), y compris le côté international de ces membres (France,
Etats-Unis, Chili, Chypre, Australie), KABrass place les cuivres sur le
devant de la scène et permet de faire découvrir la grande diversité de
ces instruments.
direction: Xavier Saumon.
Ecole de Musique, de Danse et d’Art Dramatique
4 rue de l’Eglise – 92600 Asnières-sur-Seine
Métro Genevilliers-Asnières (13)
À l’initiative de trois étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, seize jeunes compositeurs ont exprimé le souhait d’écrire une œuvre à l’intention d’un ensemble instrumentale amateur.
La salle Olivier Messiaen de la Maison de la Radio est quasiment pleine pour ce concert du Festival Présences. Grâce à la générosité des contribuables français, non seulement c'est gratuit, mais il y a un vestiaire, des programmes pour tout le monde, une organisation impeccable. Amis qui payez la redevance, merci !
Les solistes du Conservatoire (également connu sous l'acronyme barbare de CNSMDP) proposent un concert d'improvisation le Samedi 7 mars 2009 à 15h à l'amphithéâtre de la Cité de la Musique. Au programme:
Bass walk with me, improvisations d'après les films de David Lynch, par Fabrizio Rat Ferrero, piano, Ronan Courty, Fabricio Nicolas contrebasses
A couple of timespar Myriam El Haïk, plasticienne, Fabrizio Rat Ferrero, piano
La notice explique à propos de la deuxième partie: Comme deux instrumentistes, une peintre-improvisatrice et un
pianiste-improvisateur interagissent à partir d’un système de
correspondances issu de leur recherche. Une caméra filme sur scène le
geste pictural et le retransmet vers un ordinateur servant de ‘pupitre’
au pianiste. L’ensemble (image et son) est joué et projeté en direct
sur grand écran.
L'Itinéraire propose un concert-portrait de Karim Haddad le Mardi 10 mars 2009 à 19h30 à
l'Auditorium Saint-Germain (4 rue Félibien – 75006 Paris).
No one to speak their names (now that they are gone)
2 clarinettes basses, trio à cordes et bande
Something always remains
Flûte, 2 violons et grosse caisse
…
Wo wollen wir bleiben ?... (Création mondiale)
(In memoriam Mahmoud Darwich) Quintette à cordes
… And I have tried to keep them from falling. Trio à cordes
Menons Klagen unm Diotima
Bande et vidéo
Je n'ai jamais entendu la musique de Karim Haddad (c'est le compositeur du jour). A en juger par l'extrait de la partition de Something always remains c'est un adepte des notations rythmiques complexes comme Brian Ferneyhough ou Brice Pauset. Il y a également des extraits en mp3 sur son site, qu'on peut écouter même si ça n'est pas la meilleure façon de découvrir un compositeur (surtout un compositeur contemporain).