samedi 13 juin 2009

Le petit Nicolas et les pirates

Trouvé sur Framablog, une très réjouissante parodie du Petit Nicolas qui traite du piratage de la musique (et des verrous anti-copie également appelés DRM). Sur le même blog, un peu plus ancien, on trouve une traduction du fameux Is Google Making Us Stupid ? publié par Nicholas Carr il y a un an déjà. Un article assez long qui traite de notre incapacité à lire ... des livres ou des articles assez longs depuis que nous utilisons Internet quotidiennement.

vendredi 12 juin 2009

Hadopi: il est interdit d'interdire

La nouvelle a déjà été commentée par de nombreux journaux et bloggueurs. Certains crient victoire (les internautes favorables à une licence globale dont j'ai déjà dit tout le mal que j'en pensais), d'autres sont atterrés (les artistes, les maison de disques et plus encore les producteurs de cinéma et de jeux vidéos).

Le Conseil Constitutionnel, saisi par les députés verts et PS, a validé certaines dispositions de la loi Hadopi et censuré d'autres. Je vous invite à lire la décision complète sur son site Internet. Il a notamment maintenu le principe selon lequel le titulaire de l'abonnement est responsable de la surveillance de sa connexion afin de s'assurer qu'elle n'est pas utilisée en violation du droit d'auteur. Mais il a invalidé la suspension d'abonnement à Internet pour les pirates, pour trois raisons:

  • la sanction est disproportionnée
  • Internet joue un rôle capital dans la liberté d'expression et de communication, la vie démocratique et la vie quotidienne
  • la coupure d'accès à Internet ne peut être prononcée que par un juge, pas par une autorité administrative (sur ce point-là la décision du Conseil est conforme au vote des députés européens).
On peut en conclure soit que Jacques Chirac et Jean-Louis Debré lisent le journal de Papageno (où j'avais exprimé mon hostilité à la coupure d'accès tout en étant favorable à d'éventuelles sanctions comme des amendes pour lutter contre le piratage), soit qu'ils ne sont pas complètement fâchés de faire un petit croche-patte à l'actuelle majorité présidentielle.

Que  va-t-il se passer maintenant ? Si l'on observe ce qui se passe ailleurs, aux États-Unis ou en Europe, voici ce qu'on peut raisonnablement prédire: les majors vont continuer de mourir, l'Hadopi verra sans doute le jour, avec un arsenal répressif plus réduit comprenant vraisemblablement des amendes, le piratage va baisser mais pas cesser, les artistes vont continuer à se faire exploiter par ceux qui vendent le produit de leur travail, les industries du jeu vidéo et du cinéma devront innover pour survivre (elles ont déjà commencé avec la 3D ou les plate-formes de téléchargement comme Steam). A moins bien sûr que crise climatique et crise économique ne se conjuguent pour plonger l'humanité dans un long déclin, auquel cas le droit d'auteur, tout comme le saxophone ou la forme sonate, ne subsisteront que comme vestiges d'une civilisation excessivement brillante et créative mais pour finir victime de ses propres excès.

Le sujet du piratage et le feuilleton législatif Hadopi commençant à me lasser, je consacrerai les prochains billets de catégorie Musique en Ligne aux meilleurs sites de musique en ligne, avec un premier article sur les sites de streaming et un autre sur les sites qui vendent des albums à l'unité. N'hésitez pas, chers lecteurs, à me communiquer le nom de vos sites préférés, et les raisons de votre amour pour eux, afin de compléter ma petite enquête.

mercredi 20 mai 2009

Gratuité, Hadopi et musique en ligne: la réponse de Zig-zag territoires à Jacques Attali

Jacques Attali avait fait parler de lui il y a quelque temps avec un article dénonçant une loi scandaleuse et ridicule. Il est exact que la loi Hadopi est scandaleuse et ridicule, notamment car elle est contraire au droit européen (selon lequel la coupure d'accès à Internet doit relever de la décision d'un juge et non d'une autorité administrative), disproportionnée dans les sanctions, et probablement inapplicable. Mais emporté un peu par son élan, et un brin démagogue, il prenait le parti des internautes qui trouvent que tout la musique du monde gratuit quand je veux c'est tout de même assez sympathique. Certains n'ont pas manqué de lui suggérer de mettre le PDF de ses 40 livres sur les réseaus de peer-to-peer, puisqu'il paraissait si généreux avec le droit d'auteur des autres. Et l'on peut même prédire que dans 5 ans, lorsque le livre électronique (comme le Kindle d'Amazon qui se vend très bien aux Etats-Unis) se sera généralisé et que l'industrie du Livre souffrira le même martyre que celle du disque au tournant des années 2000, M. Attali signera pétitions, lettres ouvertes et autres tribunes pour se plaindre que "le piratage tue le livre et les auteurs".

La réponse des fondateurs du label Zig-zag territoires est beaucoup plus sensée et profonde que l'article qui l'a suscité, beaucoup moins polémique également:

Tout travail de l’esprit, les livres comme nos disques, doit s’inscrire dans une valeur d’échange. La gratuité de la radio comme du web ne nous choque pas autre mesure, ce qui nous choque c’est d’oublier qu’il y a autre chose que la radio, le web ou les ipod et que ce temps personnel sera toujours désiré et essentiel pour rester des êtres sensibles, ouverts aux autres et donc qu’il y a la place pour désirer acheter les disques ou les livres nécessaires à cette recherche de sens, de cohérence personnelle.

Ceux pour qui la musique est une véritable passion et non un simple divertissement peuvent donc être un peu rassurés: ils ne sont pas seuls au monde, et le micro-marché des disques de qualité pour amateurs de beauté musicale survivra sans doute à la tempête qui ravage les majors.

mercredi 6 mai 2009

Hadopi: épisode 138

La loi Hadopi continue à faire parler d'elle. D'abord les députés européens décidément têtus ont réusi à inclure (après un vote à 404 voix contre 57) l'amendement 138 dans le paquet télécom. Cet amendement déclare illégale toute coupure d'accès à internet par un Etat ou une Entreprise. Ce n'est pas une surprise et ça n'est qu'un épisode du feuilleton car maintenant le Conseil Européen (les 27 chefs d'Etat) ont le choix entre adopter le paquet ou provoquer une troisième lecture.

Côté français, Libé faisait sa une ce matin sur le divorce entre le PS et les artistes (dont une grande majorité affiche sans ambage sa sympathie pour la gauche). Le comédien Pierre Arditti dénoncait par exemple l'anti-sarkozysme compulsif du PS qui le conduit à prendre le parti des pirates contre celui du respect du droit d'auteur. Et l'éditorial nous ressert le vieux ragoût cent fois réchauffé de la licence globale. J'ai déjà dit tout le mal que j'en pensais. Quel sens peut avoir un système de redistribution centralisé et franco-français alors que l'Internet est décentralisé et de dimension mondiale ? A qui reverser l'argent de la licence globale ? En comptant les pirates ? Et comment ? Et pour les producteurs des autres pays, comme ceux qui font les séries télé américaines, qui sont massivement piratées ? Vont-il bénéficier de l'argent de la licence globale ? Et si les Américains ne veulent pas que les députés français négocient leurs droits d'auteur à leur place en autorisant les internautes français à télécharger ? Pas besoin de creuser bien longtemps pour voir qu'un système étatiste (ou crypto-étatiste façon SACEM) ne pourrait être en pratique que synonyme de gaspillage et d'injustice. Et si le téléchargement devient légal, outre que c'est une révolution dans le droit d'auteur, c'est aussi la meilleur manière de tuer l'offre payante et "légale" de musique, films, et jeux vidéos à télécharger.

Dans cette affaire, droite et gauche se comportent comme leurs propres caricatures:

  • la droite répressive qui brandit le bâton d'une coupure d'accès aussi coûtreuse qu'inefficace, jugée contraire au droits fondamentaux par les députés euréopes, et qui ne remplira les poches des gendarmes de l'Internet, pas celle des artistes
  • la gauche angéliste et puérile qui se fait plaisir avec des incidents de procédure aussi ridicules qu'inutiles et qui sans oser dépénaliser les violations du droit d'auteur voudrait créer une nouvelle taxe façon copie privée.

Au centre, le franc-tireur Bayrou qui arrose tout le monde. C'est pourtant du centre que pourrait émaner des propositions inventives et constructives pour sortir de l'ornière. Je ne vais pas faire le boulot des députés à leur place, mais voici quelque pistes:

  • réaffirmation du droit d'auteur et de la nécessité pour les pouvoirs publics de le faire respecter sur Internet comme ailleurs
  • abandon de la coupure d'accès à Internet au profit d'une amende (déjà proposé par un député de droite, et refusé par le gouvernement...)
  • étude sur le rapport coût d'une solution répressive type Hadopi, rapporté aux avantage économique escomptés.
  • développement d'un nouveau type de commandes d'Etat aux artistes (je pense ici plus spécifiquement aux musiciens), le résultat de ces commandes étant mis sur Internet gratuitement.
La dernière proposition est sans doute la plus audacieuse, celle qui se rapproche le plus d'un système de licence globale même si elle ne constitue pas un permis de télécharger tout et n'importe comment. La logique est toute simple: si on dépense l'argent du contribuable pour payer le travail d'un artiste, pourquoi ne pas utiliser Internet pour faire partager le résultat de ce travail avec le plus grand nombre ? Certes, me direz-vous, mais ce système existe déjà, il s'appelle Radio France (dont toutes les émissions sont téléchargeables gratuitemet en podcast). Mais on pourrait le développer un peu plus, et créer un média davantage orienté vers l'Internet.

samedi 18 avril 2009

Un an de prison ferme pour les "pirates" suédois

La presse généraliste a abondamment commenté le verdict d'un tribunal suédois qui condamne plusieurs personnes à un an de prison ferme pour avoir opéré un site servant à organiser le téléchargement (illégal) de musique, de films et de logiciels. Au passage les journalistes ne se sont pas privés de donner le nom et l'adresse internet du site en question, ce qui est soit très généreux soit un peu stupide de leur part. Rappelons plusieurs faits:

  • Ces pirates ne sont pas de gentils hippies qui opèrent leur site dans un garage sur leur temps libre mais des professionnels et des hommes d'affaires avisés. Leur site génère des millions de visites et les revenus des bannières publicitaires sont en conséquence.
  • Ils ne proposent aucun contenu créatif ou constructif, leur site a pour seul et unique but d'organiser le téléchargement massif de films, musique, jeux vidéos, logiciels, etc
  • Le nom de "pirate" est certes mal choisi pour désigner leur activité. C'est un terme fabriqué par les majors du disque (et les géants du logiciel comme Microsoft) qui s'est imposé dans le vocabulaire courant. Le mot de "parasite" serait déjà plus proche de la réalité. A quoi pourrait-on comparer leur activité ? Peut-être à un magazine qui donnerait mille et un tuyaux pour frauder les impôts et la sécu (sur de petits montants) en ayant peu de chances de se faire pincer. Le préjudice est réel et globalement important mais difficile à quantifier et noyé dans la masse.
Vous l'aurez compris, j'éprouve assez peu de sympathie pour ces escrocs à la petite semaine qui se posent en défenseurs des libertés individuelles et des gentils internautes contre les méchantes majors. Je trouve même assez surprenante leur popularité (on parle même en Suède d'un "parti des pirates" qui voudrait se présenter aux élections du Parlement Européen).

Un autre débat, plus technique, concerne les moteurs de recherche. Si les pirates suédois sont poursuivis en justice, est-ce que Yahoo ou Google doivent l'être ? En effet les moteurs de recherche américains incluent les "torrents" qui permettent de télécharger illégalement des films ou des albums dans leurs indexes. Cela dit les pirates suédois n'hébergeaient par seulement les torrents qui décrivent un fichier à télécharger mais aussi les trackers qui sont indispensables pour connecter entre eux les utilisateurs de bittorrent. Laissons le débat technico-juridique aux spécialistes, et notons simplement  une petite différence de business plan entre un moteur de recherche généraliste et un moteur de recherche spécialisé dans le téléchargement illégal. Différence qui n'est pas si grande au demeurant, car dans les deux cas l'internaute est quasiment obligé de passer par le moteur de recherche qui capte les revenus publicitaires, au détriment des producteurs de contenu (un cas d'école étant les agrégateurs d'articles de presse comme Yahoo News ou Google News).

Internet et le MP3 sont des outils formidables pour les musiciens qui veulent faire connaître leur travail et partager des enregistrements avec le plus grand nombre. C'est une possibilité que j'ai utilisé moi-même pour partager quelques enregistrement réalisés lors de concerts d'amateurs (et qui est utilisée également par de nombreux ensembles comme Ut Cinquième). Les enregistrements en question n'ayant pas de valeur commerciale, la question de leur piratage ne se pose même pas à vrai dire.

Mais si c'est une chose que les artistes aient la possibilité de poster gratuitement des enregistrements pour les partager avec le monde entier, c'en est une autre que de poster gratuitement, et sans leur demander leur avis, le produit de leur travail. Est-ce donc immoral que de chercher à produire des enregistrements de qualité professionnelle (ce qui coûte cher) et de chercher à les vendre ? Et peut-être même de gagner de l'argent avec ?

L'argument choc mis en avant par des groupes d'internautes comme "le réseau des pirates" est "nous sommes des millions à télécharger des albums, et ils veulent faire de nous des pirates". Le mot de pirate est mal choisi, je l'ai déjà dit, mais ça n'est pas parce qu'une mauvaise action est commise par de nombreuses personnes qu'elle devient bonne. Il y a peu d'années, il y avait des millions de gens en France qui roulaient à 150 ou 180 sur les autoroutes, ou qui fumaient sur leur lieu de travail. Ce qui ne faisait pas d'eux des bandits de grand chemin ! Mais la loi a changé, les sanctions ont changé, et leur comportement a changé. Pour le téléchargement sur Internet, c'est la même chose: tant que le bénéfice des quelques euros économisés sur l'achat du disque ou du DVD excédera les inconvénients et les risques de sanction, le téléchargement abusif continuera sur une échelle massive. Monsieur Tout-le-monde n'est pas un criminel mais ça n'est pas non plus un saint...

(petite correction après coup: il semble que le terme pirate pour désigner les infractions au droit d'auteur soit aussi ancien que le droit d'auteur sinon plus, puisqu'il est attesté dès le XVIIe siècle en Angleterre si j'en crois l'article Copyright infrigement de Wikipedia. Il faudra que je vérifie d'ailleurs mais je crois me souvenir d'une préface où Balzac appelle flibustiers les éditeurs qui imprimaient ses romans en Suisse ou en Belgique, bourrés de fautes et naturellement sans lui verser un centime).

(mise à jour le 24 avril 2009: les avocats vont demander une annulation du procès au motif que l'un des juges était membre de plusieurs lobby de la propriété intellectuelles, équivalents suédois de la RIAA aux Etats-Unis ou de l'APP en France. Ce qui fait mauvais genre évidemment, surtout si l'on considère la sévérité de la peine. Par ailleurs si l'on en croit le site anglais The Register, l'un des quatre pirates, celui qui se chargeait des finances en particulier, ressemblerait davantage à un néo-nazi doté d'une solide fortune personnelle qu'à un gauchiste vivant dans une caravane. Une occasion de rappeler que les site de p2p sont aussi et entre autres un lieu privilégié d'échange de vidéos révisionnistes ou de matériel pédo-pornographique, même si cela dépasse de loin le cadre de ce journal...)

jeudi 26 mars 2009

Hadopi: les eurodéputés persistent et signent

Les députés européens ont une nouvelle fois, et par 481 voix contre 25 voté contre la privation d'accès à Internet par les gouvernements ni par les entreprises. La mesure la plus médiatique de la future loi Hadopi risque donc de ne jamais être appliquée, si jamais elle était votée.

Sur ce dossier qui divise assez nettement, ma position est finalement assez centriste:
  • oui pour faire la chasse aux pirates et les sanctionner quand on les attrape (Internet n'est pas une zone de non-droit)
  • non à la coupure d'accès à Internet, ça coûte cher et c'est une sanction disproportionnée.
  • oui à une amende d'un montant comparable à celui des (petits) excès de vitesse pour les téléchargeurs indélicats.
  • non à une licence globale qui ferait payer les gens honnêtes pour les pirates et dont personne ne saurait comment distribuer le produit de manière équitable.
Précision pour David: ceci n'est pas un troll.

mercredi 25 mars 2009

Le site last.fm devient payant (pour les français)

Le site last.fm qui propose de la musique en streaming (c'est à dire écoute sans téléchargement, un peu comme sur un poste de radio) vient d'annoncer sur son blog qu'il demandera un abonnement de 3 euros par mois pour les internautes (sauf aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne). Le modèle de l'accès illimité à un catalogue contre un abonnement mensuel va-t-il l'emporter sur la vente de musique à l'unité façon iTunes ? Il est sans doute trop pour le dire.

Ce qu'on peut dire en revanche dès à présent aux amateurs de licence globale, c'est: abonnez-vous aux sites de votre choix et arrêtez de casser les burnes à mon député. Une licence globale gérée par la SACEM (ou tout autre organisme para-public) et distribuée au doigt mouillé comme la taxe copie privée ? Non merci.

mardi 10 mars 2009

Loi Création et Internet: beaucoup de bruit pour rien

C'est une des manies de notre gouvernement actuel que de surcharger le calendrier parlementaire et d'empiler les lois, certaines lois étant votées avant même que les décrets d'application de la précédente soient parus. Peu importe au fond qu'une loi soit inappliquée ou inapplicable, l'essentiel est d'occuper le terrain médiatique (et indirectement, électoral). La loi dite "Internet et Création" ou encore "Hadopi", du nom de l'autorité administrative qui sera créée, ne fait pas exception: basée pour l'essentiel sur le rapport Olivennes et l'accord tri-partite signé à l'Elysée, elle est l'objet d'une bataille médiatique rangée entre l'industrie du disque d'une part, et les internautes pro-licence globale soutenus par certains associations de consommateurs d'autre part. 

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dimanche 1 février 2009

Peut mieux faire...

Voici que mon fournisseur d'accès à Internet m'offre un forfait pour télécharger de la musique de façon illimitée (et légale, cela va sans dire). On peut donc piocher à volonté dans le catalogue d'Universal Music, avec les restrictions suivantes:

  • il faut un ordinateur avec Windows
  • il y a des verrous anti-copie (DRM )
  • on ne peut pas copier la musique sur un autre appareil (sauf si on fait sauter le verrou anti-copie, ce qui est un jeu d'enfant, soit dit en passant).

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samedi 24 janvier 2009

Il n'est jamais trop tard pour bien faire

EMI, puis Apple, enfin Warner Universal et Sony: les principaux acteurs de la musique en ligne semblent avoir officiellement renoncé aux DRM , ces fameux verrous anti-copie dont la principale utilité était de pourrir la vie de leurs clients en introduisant des contraintes arbitraires et stupides sur le type d'appareil à utiliser pour écouter la musique, le nombre de copies possibles, et ainsi de suite.

On peut s'étonner qu'ils aient attendu si longtemps et laissé se développer le piratage dans de telles proportions avant de se rendre à la raison. Et surtout qu'ils aient dépensé des ressources aussi considérables au flicage par tous les moyens (technologiques, juridiques, politique) plutôt que d'essayer d'améliorer l'offre. Le journal de Papageno va mettre à jour son comparatif en incluant les sites qui ont abandonné les DRM, mais celle-ci reste globalement insuffisante. Bien que les catalogues proposés soient abondants en nombre de titres, les moteurs de recherche sont indigents, les albums sont souvent mal indexés, leur description (compositeurs, oeuvres, interprètes, date et lieu d'enregistrement) est incomplète, les jaquettes et textes complémentaires manquent, et la qualité musicale n'est pas toujours au rendez-vous car peu de sites proposent le format FLAC qui est d'une qualité équivalente au CD audio et quasiment aucun ne propose la haute définition.

Reste une inconnue: les internautes (surtout les moins de 30 ans) vont-il préférer la tarification à l'unité (par album) qui perd de son sens avec la disparition de l'objet disque, ou les solutions forfaitaire de type streaming qui permettent d'écouter tout ce qu'on veut dans le catalogue, moyennant un abonnement ? Personnellement e ne suis pas favorable à la licence globale que certain appellent de leur voeux, pas en tout cas sur le modèle de cette infâme taxe pour la copie privée qu'on paye sur les CD vierges et dont le produit est distribué dans le meilleur des cas au doigt mouillé, dans le pire des cas sur le mode des petits arrangements entre amis. Il est impossible de savoir de façon fiable ce qui est téléchargé sur les réseaux pirates, et donc de rémunérer les artistes et les producteurs de façon équitable sur cette base. Si licence globale il y a, elle ne pourra exister que sur un site de musique en ligne donné (ou à la limite une fédération de sites). Ce site pourra compter les téléchargements de manière précise. Au fond, la question d'un paiement par album ou par forfait est purement commerciale, une question de contrats entre distributeurs et producteurs d'un côté, distributeurs et consommateurs de l'autre. Et l'on ne peut que souhaiter que les députés ne se chargent pas de créer une structure nationale qui n'aurait aucun sens vu la dimension mondiale de l'Internet, et qui ne pourrait collecter et distribuer l'argent que de manière opaque et inéquitable, et donc préjudiciable aux artistes et à l'industrie de la musique.

Une autre question se pose avec l'arrivée progressive dans le domaine public de quantités énormes de musique enregistrée dans les années 1950 (et bientôt 1960). Les maisons de disques peuvent continuer à vendre cette musique en faisant comme si de rien n'était, mais on peut en fait la copier sans leur verser un centime car le délai légal de 50 ans est expiré. Du moins tant que le lobbying à Bruxelles pour étendre la protection à 95 ans n'aura pas abouti.

Avec la fin des DRM, la croissance à deux chiffre des ventes de musique en ligne, le développement de l'offre, l'arrivée sans doute prochaine de la riposte graduée en France comme dans d'autres pays européens, le marché de la musique en ligne, après une adolescence difficile, entre dans une certaine maturité. Les majors qui n'ont pas compris il y a 10 ans ce que signifiait l'arrivée d'Internet vont-elles renaître de leurs cendres ou disparaître tel des Mammouths laineux inadaptés au changement climatique ? Nous le saurons dans quelques années.

Tout cela ne concerne que marginalement la musique classique d'ailleurs, marché de niche, fait par des passionnés pour des passionnés, où les meilleurs produits ne sont pas à chercher dans le "top 10" des ventes, mais parmi les disques qu'on garde précieusement, qu'on aime à écouter et ré-écouter, qu'on fait découvrir à ses amis. Produire de tels disques n'est souvent pas très rentable.

jeudi 27 novembre 2008

Concert éducatif (la famille Bach) samedi 29 novembre 2008

La cité de la musique se met elle aussi aux concerts rediffusés sur Internet. Ainsi, samedi prochain (le 29 novembre 2008), un concert éducatif, destiné au jeune public, autour de la famille Bach, à la salle Pleyel, sera retransmis en vidéo sur le site de la Cité de la Musique.

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lundi 10 novembre 2008

SHSK'H

Trouvé sur le blog de Didier da: un site original et très beau au nom imprononçable de Shsk'h. Il ne propose que deux albums sous une licence Creative Commons qui autorise la copie et l'utilisation à but non-commercial. Et le prix ? On donne ce qu'on veut par Paypal, et quelqu'étrange que paraisse ce modèle économique, il permet sans aucun doute une meilleur rémunération des artistes que le circuit traditionnel (qui en moyenne touchent 40 centimes sur un album vendu 10 euros sur les principaux sites de musique en ligne). Il n'y a que deux albums, un d'Igor Ballereau qui comporte plus de silences que de notes, et un plein de charme d'Etsuko Chida qui chante et s'accompagne elle-même au Koto.

vendredi 10 octobre 2008

Téléchargement illégal: les députés européens à 88% contre le projet de loi Olivennes

Le 24 septembre, les députés européens ont adopté un amendement prévoyant qu'aucune restriction d'accès à Internet ne peut être adoptée sans décision judiciaire. Adopté à 88% des voix, cet amendement enterre une des dispositions phares du projet de loi Hadopi basé sur le rapport Olivennes, à savoir la suspension de l'abonnement Internet pour les internautes téléchargeurs. Si une telle suspension a lieu, ce sera par l'application une décision de justice et non de façon automatique comme par exemple les amendes pour excès de vitesse.

La décision des députés européens entérine un point de vue exprimé par beaucoup de blogueurs, d'associations et même de politiques, à savoir que l'accès à Internet est un droit fondamental, comme la liberté de circuler ou la liberté d'information, et que les restrictions à ce droit ne peuvent venir que de l'autorité judiciaire et non de l'exécutif. C'est donc une mini-victoire pour les défenseurs des libertés individuelles et aussi une reconnaissance du principe de proportion (les sanctions devant être proportionnées au préjudice subi).

Comme je le remarquais dans un précédent billet, s'il est légitime de respecter le travail des artistes (et les gros sous des ayant-droit), on aimerait bien que le gouvernement commence par suspendre la connexion Internet des spammeurs, des casinos en ligne, des faux sites bancaires et arnaqueurs en tout genre. Ce sont tout de même eux les vrais pirates, et non les gamins de 15 ans qui téléchargent des mp3 ou des séries télé.

jeudi 4 septembre 2008

Abeille Musique met tout son catalogue en ligne

Le distributeur Abeille Musique qui distribue notamment les labels Naxos et Hyperion en France, a récemment annoncé la mise en ligne de tout son catalogue, qui sera vendu par iTunes ou Qobuz, et sans DRM s'il vous plaît. Pas loin de 20.000 albums seront ainsi proposés. Combien d'années il faudrait pour écouter tout ça ?

samedi 23 août 2008

Le début de la fin du CD audio ?

Certains prédisent que le CD audio aura disparu dans deux ans, d'autres lui voient encore un bel avenir... Decca et Deutsche Grammophon ont pris position en tous cas, en créant chacune un label (Decca Concerts et DG Concerts) pour des albums disponibles uniquement au téléchargement.

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samedi 26 juillet 2008

Pourquoi il faut continuer à boycotter les DRM

Le site Yahoo! Music a annoncé a ses clients qu'il met la clé sous la porte à partir de septembre 2008 (à lire sur Slashdot ou Ars Technica). Surtout, les serveurs de licences DRM fermeront eux aussi.

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mercredi 16 juillet 2008

Loi Hadopi: la bataille fait rage

La bataille fait rage autour de la loi Hadopi actuellement en discussion au parlement, qui pourrait voir la France adopter la riposte graduée (e-mail d'avertissement puis suspension de la connexion Internet pour les internautes télé-chargeurs). D'un côté des cinéastes qui signent dans le Monde un tribune Culture ne rime pas avec gratuité.

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mardi 1 juillet 2008

La résurrection d'IMSLP

Après 10 mois de panne causée par un différent juridique avec l'éditeur viennois Universal Edition, le site IMSLP, qui offre un accès gratuit aux partitions libres de droits, est de retour. Au passage le site s'est trouvé un nouveau nom un peu moins IMSLPbittable: il s'appellera désormais Petrucci Music Library, d'après le nom d'Ottaviano Petrucci, le premier à avoir imprimé des partitions en série avec les techniques de Gutenberg (à Venise au début du XVIè siècle). Notons que cet éditeur a disposé d'ailleurs durant 20 ans d'un monopole accordé par le Doge sur l'impression des partitions musicales...

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mercredi 28 mai 2008

Concours Reine Elisabeth: les vidéos sont en ligne

En ligne sur le site du Concours Reine Elisabeth: les vidéos des demi-finales (avec piano) et finales (avec orchestre).

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lundi 18 février 2008

La comission européenne veut étendre les droits des interprètes sur les enregistrements à 95 ans

Actuellement, les interprètes possèdent des droits durant 50 ans après la première publication d'un enregistrement en Union Européenne. Les producteurs de disques vont bien se gardent bien de le clamer sur les toits, mais une grande partie des enregistrement réalisés dans les années 50 - et certains sont forts bons et d'une qualité technique comparable à celle d'aujourd'hui - sont libres de droits.

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