On célébrait aujourd'hui à Liège les obsèques d'Henri Pousseur. Ce compositeur belge pas tellement connu en France a notamment fondé l'ensemble Musiques nouvelles et dirigé le conservatoire de Liège jusqu'en 1994, et en a fait un des foyers importants de la musique contemporaine en Europe. Il a également beaucoup collaboré avec des écrivains comme Michel Butor, et laissé nombre d'écrits sur la musique. Comme plusieurs compositeurs de sa génération, il a commencé avec le sérialisme pur et dur dans les années 1950 avant de se libérer de ce qui était devenu un carcan au début des années 1960. Il a continué à écrire jusqu'en 2004. Le journal La Meuse lui rendait hommage comme « sans conteste l’un des quatre compositeurs les plus marquants de la musique du XXe siècle » (mais au fait, qui sont les trois autres ?). Le philarmonique de Liège, qui devait célébrer le 19 mars prochain les 80 bougies d'Henri Pousseur, le fera à titre d'hommage posthume.
On trouve quelques extraits de sa musique sur Youtube, dont un solo pour Arpeggione (mais si, cette viole de gambe à 6 cordes accordée comme une guitare et pour laquelle Schubert avait écrit sa célèbre sonate en la mineur):
Le critère principal, sinon unique, pour évaluer les compositeurs aujourd'hui est la nouveauté. Le plus beau compliment qu'on puisse leur faire est d'être innovants, audacieux. Lorsqu'on qualifie leur musique de littéralement inouïe, il faut entendre: vraiment bonne. Même chez les maîtres des siècle précédents, Strawinski, Webern ou Varèse, on salue la modernité avant tout, avec des formules oxymoriques comme une modernité qui dure ou un classique de l'avant-garde.
La question a été abordé par exemple dans les Carnets sur Sol, et elle revient souvent: pourquoi la voix occupe-t-elle une place marginale dans la musique contemporaine ?
Dans la musique qu'on entend, au concert, en disque, à la radio, certains morceaux glissent sur nous, ils s'oublient aussi vite qu'il s'écoutent. D'autres laissent en nous des impressions profondes, des cicatrices semblables à celles d'une morsure, qui ne disparaîtront jamais vraiment. Les chants de l'âme d'Olivier Greif appartiennent à la deuxième catégorie.
Poursuivant notre parcours de la musique pour alto seul au XXe siècle, après c'est mon jardin secret... de Tristan Murail, je vous propose de nous intéresser au Prologue de Gérard Grisey, écrit la même année (1976).
Après l'élégie de Stravinsky, voici pour continuer notre promenade dans la musique pour alto seul du XXè siècle une oeuvre emblématique: la Sequenza VI de Luciano Berio.
Pour continuer notre parcours dans la musique pour alto seul du vingtième siècle, après la Sonate Op 25 No 1 de Paul Hindemith, voici l'élégie d'Igor Stravinski.
Ce billet est le premier d'une série que je vais consacrer au répertoire pour alto seul du XXè siècle. Comme chacun le sait, cet instrument que Mozart ou Beethoven affectionnaient a été longtemps le parent pauvre du violon, et il n'a trouvé sa véritable personnalité qu'au XXè siècle, autant grâce à des interprètes remarquables que par l'intérêt nouveau que lui ont porté les compositeurs.