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mercredi 7 mai 2014

Où es-tu me vois-tu m'entends-tu...

Où es-tu me vois-tu m'entends-tu
Me reconnaîtras-tu
Moi la plus belle moi la seule
Je tiens le flot de la rivière comme un violon
Je laisse passer les jours
Je laisse passer les bateaux les nuages
L'ennui est mort près de moi
Je tiens tous les échos d'enfance mes trésors
Avec des rires dans mon cou

(Paul Éluard, Médieuses, 1939)

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vendredi 28 mars 2014

L'histoire du cheval pie (concert littéraire)

L'Oiseleur vous convie à un concert littéraire

Tolstoï : l'histoire du cheval pie

dimanche 6 avril à 16h église des Mesnuls (Yvelines)

L'Oiseleur des Longchamps: conteur et chanteur 

Thomas MacFarlane : pianiste

entrée : libre participation

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samedi 15 mars 2014

L'Oiseleur, Loilier, Marinescu chantent Anna de Noailles le dimanche 16 mars à Paris

Concert consacré à la poétesse Anna de Noailles, née Brancovan

Aurelie Loilier, soprano

Axia Marinescu, pianiste

L'Oiseleur des Longchamps, baryton

Naoko Nakatani, violoniste

Delphine André, comédienne

Mélodies de Béesau, Delannoy, Dutilleux, Patrick Loiseleur, Marquiset, Saint-Saens, Jacques de la Presle, de Laurière, Vierne

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mercredi 5 mars 2014

C'est qu'il nous faut consentir

C'est qu'il nous faut consentir
à toutes les forces extrêmes ;
l'audace est notre problème
malgré le grand repentir.

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mardi 28 janvier 2014

Musique (Albert Samain)

Puisqu’il n’est point de mots qui puissent contenir,
Ce soir, mon âme triste en vouloir de se taire,
Qu’un archet pur s’élève et chante, solitaire,
Pour mon rêve jaloux de ne se définir.

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vendredi 24 janvier 2014

Hommage à la vie

Jules_Supervielle.jpg

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samedi 11 janvier 2014

Les éblouissements d'Anna

A lire sur le blog de L'Oiseau-Lyre, un beau compte-rendu du Récital "Les Éblouissements d'Anna" du 8 décembre dernier à l'Institut Culturel Roumain.

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vendredi 10 janvier 2014

Et amollir le cueur des inhumains...

Blason de la Larme

Larme argentine, humide et distillante
Des beaulx yeulx clairs, descendant coye, et lente
Dessus la face, et de là dans les seins,
Lieux prohibez comme sacrez, et sainctz ;

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lundi 25 novembre 2013

Un appareil si vital et délicat... (Paul Valéry)

Il me semble que chaque mortel possède tout auprès du centre de sa machine, et en belle place parmi les instruments de la navigation de sa vie, un petit appareil d’une sensibilité incroyable qui lui marque l’état de l’amour de soi. On y lit que l’on s’admire, que l’on s’adore, que l’on se fait horreur, que l’on se raye de l’existence ; et quelque vivant index, qui tremble sur le cadran secret, hésite terriblement  prestement entre le zéro d’être une bête et le maximum d’être un dieu.

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mercredi 6 novembre 2013

Est-ce encor moi (Supervielle)

Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit.

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vendredi 27 septembre 2013

Je veux donner encore...

J'ai donné de l'amour
    et reçu du mépris
Donné de la tendresse
    et subi la colère
J'ai donné ma confiance
    et j'ai été trahi
J'ai donné mon pardon
    et j'ai été jugé

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lundi 13 mai 2013

Voici que le silence...

Voici que le silence a les seules paroles
Qu'on puisse, près de vous, dire sans vous blesser.
Laissons pleuvoir sur vous les larmes des corolles;
Il ne faut que sourire à ce qui doit passer.

À l'heure où fatigués nous déposons nos rôles,
Au même lit secret les dormeurs vont glisser;
Par chaque doigt tremblant des herbes qui nous frôlent,
Vous pouvez me bénir et moi vous caresser.

C'est à votre douceur que mon sentier m'amène.
Dans ce sol lentement imprégné d'âme humaine,
L'oubli, lent jardinier, extirpe les remords.

L'impérissable amour erre de veine en veine;
Je ne veux pas troubler par une plainte vaine
L'éternel rendez-vous de la terre et des morts.

Marguerite Yourcenar, extrait des Sept poèmes pour une morte, Les Charités d'Alcippe, éditions Gallimard.

samedi 9 avril 2011

Arkhéion à la Maison de la Poésie de Paris

A écouter du 27 avril au 29 mai 2011 à la Maison de la Poésie de Paris, Arkhéion 2011. Un spectacle conçu et mise en scène par Wilfried Wendling, qui a également composé la musique:

[..] Un projet construit autour d'archives visuelles et sonores de l'Ina. Une cathédrale d'images et un quatuor à cordes jouent avec le passé, Guillaume Apollinaire, Jack Kerouac, René Char, Ezra Pound, Nathalie Sarraute, Jean Genet, Francis Ponge, Paolo Pasolini, Robert Desnos...

...Et cinq jeunes poètes, Laurence Vielle, Florence Pazzottu, Aurélie Loiseleur, Sophie Loizeau et Valérie Rouzeau, offrent en alternance et au fil des semaines leur performance. Des textes récents et inédits pour une tension poétique d'exception.

Le coeur du spectacle est constitué par des lectures de poèmes d'hier et d'aujourd'hui, par leurs auteurs, alternées avec des miniatures pour quatuor à cordes avec contrebasse. Ces miniatures que j'ai trouvées passionnantes explorent tous les aspects ou presque de l'écriture pour cordes contemporaine: spectrale, bruitiste, répétitive (plutôt comme Steve Reich que comme Philip Glass), etc.

Ma poétesse préférée participant à ces lectures, je ne saurai bien sûr que les recommander chaleureusement. Mais comme toujours, chers lecteurs, Je vous invite à écouter quelques extraits de la musique de Wilfried Wendling sur son site Internet pour vous faire une idée par vous-même et à consulter le site de la Maison de la Poésie pour le programme détaillé et les détails pratiques.

webflyer-Arkheion4.jpg

dimanche 7 mars 2010

Architectures contemporaines, pour voix et piano

Il est au fond assez fréquent que l'inspiration se nourrisse du travail d'autres artistes, quel que soit leur domaine. La poésie, la peinture, le théâtre sont aussi nécessaires à mon équilibre intérieur que la musique. Le cycle Architectures contemporaines en est la parfaite illustration.

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vendredi 12 juin 2009

Boileau, auteur de plagiat par anticipation

Voilà une chose sans doute que j'aurais du faire plus tôt: une petite recherche sur Internet pour Sombres Pensées, le titre que j'avais donné à une pièce pour violoncelle seul écrite cette année. Il y a même un group de heavy metal qui s'appelle Sombre pensée (au singulier). Une belle photo sur flickr, plusieurs poèmes,  quelques blogs et un grand nombre d'articles portent ce titre, mais le plus significatif est de loin ce poème de Boileau qui constitue un exemple flagrant de ce que les oulipiens appellent un plagiat par anticipation. Je vous laisse admirer la perfection toute classique de ce poème qui contient le vers peut-être le plus célèbre de Boileau (ce qui se conçoit bien...):


Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain, vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.


(Boileau, Art poétique, Il est de certain esprits)

En guise de représailles, je pourrais toujours chiper les trois permiers vers pour les placer en exergue de la partition. Non mais !

samedi 14 février 2009

L'éternelle jeunesse de la Princesse de Clèves

Elle est née en 1678, elle n'a pas pris une ride, et le président de la république a une dent contre elle. C'est la Princesse de Clèves. La première attaque a été menée par le candidat à la présidentielle, en février 2006:

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mercredi 26 novembre 2008

Concert: Mélodies de Verlaine à l'ENS

Bonjour à tous,



Le 5 décembre prochain, à l'ENS (45 rue d'Ulm), en salle des Actes, à 21h : De la musique avant toute chose !

Le Département Histoire et Théorie des Arts vous convie à un récital de mélodies françaises sur des poèmes de Paul Verlaine. Au programme de ce concert, des œuvres de Debussy, Hahn, Fauré et Britten.

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mardi 9 septembre 2008

Bien qu'aux arts d'Apollon...

Chers amis lecteurs de ce journal, vous allez croire que je vous néglige car une rentrée chargée me laisse peu de temps pour écrire. En guise de consolation, voici une réflexion de Joachim Du Bellay (tirée des Regrets, publiés en 1558) sur l'utilité de l'art, ou sa futilité si l'on veut:

Bien qu'aux arts d'Apollon le vulgaire n'aspire
Bien que de telz trésors l'avarice n'ait soing,
Bien que de telz harnois le soldat n'ait besoing,
Bien que l'ambition telz honneurs ne desire :

Bien que ce soit aux grands un argument de rire,
Bien que les plus rusez s'en tiennent le plus loing,
Et bien que Dubellay soit suffisant tesmoing
Combien est peu prisé le mestier de la lyre :

Bien qu'un art sans profit ne plaise au courtisan,
Bien qu'on ne paye en vers l'œuvre d'un artisan,
Bien que la Muse soit de pauvreté suivie,

Si ne veulx-je pourtant delaisser de chanter,
Puisque le seul chant peult mes ennuys enchanter,
Et qu'aux Muses je doy bien six ans de ma vie.

lundi 23 juin 2008

Que je m'ennuie...

Le texte d'abord:

   Que je m'ennuie entre ces murs tout nus
         Et peints de couleurs pâles
   Une mouche sur le papier à pas menus
         Parcourt mes lignes inégales

   Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
         Toi qui me l'as donnée
   Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
         Le bruit de ma chaise enchaînée

   Et tous ces pauvres coeurs battant dans la prison
         L'Amour qui m'accompagne
   Prends en pitié surtout ma débile raison
         Et ce désespoir qui la gagne

(Guillaume Apollinaire, septembre 1911)

La musique ensuite:

(Jacques L'Oiseleur des Longchamps, baryton; Mary Olivon, piano; enregistré le 22 juin 2008 salle Cortot)

Le verdict du jury: non reçu pour le diplôme de composition de l'ENM. Après un premier moment de surprise et de déception, je dois bien avouer que le jury a raison. Il s'agit pour ce diplôme d'acquérir un savoir concernant les techniques d'écritures employées aujourd'hui, et de prouver qu'on l'a acquis, en écrivant des choses qui n'ont pas à être forcément très jolies mais techniquement bien construites, suffisamment touffues et complexes pour démontrer l'habileté du compositeur.

Or ma formation et ma culture sur la musique du XXe (et du XXIe !) siècle est encore tout à fait incomplète, et pis encore dans ces mélodies je n'ai pas cherché à faire étalage de certaines techniques que je connais et que je maîtrise malgré tout. J'ai plutôt cherché une musique en accord avec le texte, qui respecte notamment l'ambigüité de l'écriture d'Apollinaire, poète archaïsant et moderne à la fois (lire par exemple Apollinaire entre deux mondes de Pierre Brunel). Ces poèmes sont faits avec très peu de mots, et mes mélodies avec très peu de notes. Elles plaisent aux interprètes, à qui elles laissent de la place pour s'exprimer, et au public, qui aime les choses simples. Elles ne plaisent pas aux compositeurs, qui aiment les choses stimulantes intellectuellement.

Parmi les circonstance atténuantes, je pourrais invoquer celles liées à mon boulot d'informaticien qui me laissent 2 jours 1/2 par semaine dans le meilleur des cas pour travailler la composition. C'est peu, mais Bach, Mozart, Grieg ou Rimsky-Korsakov, pour ne citer qu'eux parmi des centaines, ne disposaient pas de davantage de temps pour composer. Pas d'amertume cependant: je garde de cet année un bilan très positif. Ce que j'écris aujourd'hui n'a rien à voir avec ce que j'écrivais il y a un an, et j'espère bien continuer à travailler et à progresser.

Soyez audacieux ! nous a ordonné le président du jury, tout en nous encourageant à étudier davantage les (autres) compositeurs contemporains. Voilà peut-être ce que je n'avais pas compris tout à fait: l'enjeu n'est pas uniquement de se faire plaisir et d'écrire des choses qu'on aurait écrit tout seul de toute façon, mais bien de se remettre en question, d'essayer de nouvelles techniques, quitte à écrire des choses qui résistent moins bien au test du copier-coller.

Dont acte.

Binet, Les Bidochon tome 12

vendredi 20 juin 2008

Du Bellay, Desportes, Labé, et Marot dans le texte

J'ai toujours aimé la poésie mais depuis quelques mois, celle du XVIè siècle me passionne véritablement: on y trouve une liberté de ton, une folie langagière, une force dont on chercherait en vain l'équivalent dans la poésie classique ou romantique (la poésie moderne et contemporaine, c'est encore tout à fait autre chose).

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