Mot-clé - musique française

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vendredi 22 mai 2015

Le Roi Arthus de Chausson bientôt à l'Opéra de Paris

Plus de cent ans après sa création à Bruxelles, l'unique opéra d'Ernest Chausson fait enfin son entrée à l'opéra de Paris. Il était temps ! Les Parisiens pourront enfin découvrir ce Tristan à la française, qui narre les amours contrariées (et adultérines) de Lancelot et Guenièvre. Je vous en dirai plus dans un prochain billet, car j'aurais le plaisir d'assister à cet évènement. En attendant je vous invite à écouter cette interview de Roberto Alagna sur le site de l'Opéra de Paris qui nous dit que l'orchestre est un personnage à part entière, et que la voix n'est qu'une des composantes d'une riche texture.

Bien qu'il s'en défende, l'écriture de Chausson reste assez proche de Wagner, au moins sur le plan technique. La polyphonie (chaque voix se veut une ligne mélodique), le chromatisme avec des modulations incroyables et des changements de couleur magnifiques, le romantisme exacerbé, le développement d'un petit nombre de motifs simples, tout cela est assez wagnérien. Mais la musique de Chausson possède aussi par instants une grâce, une élégance, une légèreté fort peu germaniques, et elle semble annoncer l'impressionnisme.

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samedi 4 avril 2015

L'Oiseleur chante l'éducation sentimentale le 8 avril 2015 à Paris

La Compagnie de L'Oiseleur continue sa noble mission de nous charmer les oreilles avec des programmes de chant lyriques originaux et savamment composés, où les classiques dialoguent avec les oeuvres rares et la création. 

Elle vous propose mecredi 8 avril prochain au temple du Luxembourg une éducation sentimentale, avec comme professeurs messieurs Mozart, Mahler, Poulenc, Chopin, Schumann, Grieg, Messager. Dans le rôle du jeune padawan, Gabriel Rigaux présentrera ses mélodies sur les Contemplations de Victor Hugo pour la toute première fois au public.

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jeudi 26 mars 2015

Joyeux Boulez-iversaire !

Pierre Boulez partage avec Mozart ce privilège que même ceux qui n'ont pas vraiment écouté sa musique et ne sauraient pas la reconnaître peuvent citer son nom lors d'un dîner en ville. Le plus souvent d'ailleurs, son nom sera utilisé comme repoussoir, comme symbole de tout ce qu'on aime pas dans la musique moderne: dissonante, élitiste, arrogante, coupée du public mais pas des subventions publiques. Comme pour encourager cette vision caricaturale, Boulez ne s'est pas privé tout au long de sa carrière de critiquer très durement tout ce qui ne cadrait pas avec son esthétique. Et si ça ne suffisait pas, l'expo à la Philharmonie, les concerts et hommages institutionnels à l'occasion de son 90e anniversaire ne manqueront pas de conforter cette image du musicien d'avant-garde officiel, couvert d'honneurs à défaut d'être aimé d'une large partie du public ou des musiciens.

Pourtant, la musique de celui qui a fondé l'Ensemble Inter-contemorain et l'IRCAM ne mérite-elle qu'on aille au-delà de ces clichés ?

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jeudi 19 mars 2015

La mairie de Paris refuse de rendre hommage à Dutilleux

A lire ici (sur le blog l'indépendant du 4e), ici, et puis encore ici, sur le site de Diapason magazine (ou encore dans Le Monde). En résumé, le maire du IVe arrondissement a refusé d'apposer une plaque commémorative sur l'immeuble de l'île Saint Louis qui fut occupé par Henri Dutilleux, au nom d'une sorte de ridicule procès posthume en collaboration. Comparer Dutilleux avec l'écrivain Céline n'est pas judicieux ni justifié par les faits historiques.

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mercredi 18 mars 2015

Un Faust diablement bourgeois

Avec un peu de retard, je publie un compte-rendu de la première de Faust à l'opéra Bastille le 2 mars dernier. Ayant eu le plaisir de participer à une production de cet opéra en 2002 (dans la fosse d'orchestre, à l'alto) c'est une partition que je connais assez bien et que je retrouvais avec grand plaisir (et avec l'ami Nicolas qui a l'époque tenait la position de violon solo à l'orchestre Ut Cinquième).

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vendredi 13 mars 2015

Mélodies de Gabriel Rigaux chez Tamino Productions

Tamino Productions a le grand plaisir d'accueille un nouveau compositeur, Gabriel Rigaux. Celui-ci est également pianiste et a étudié notamment avec Guillaume Conesson. Les parisiennes parmi nos lectrices pourront découvrir ses mélodies pour baryton et piano sur des textes de Victor Hugo lors d'un concert donné le 8 avril prochain au Temple du Luxembourg avec l'excellent L'Oiseleur des Longchamps.

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vendredi 16 janvier 2015

Le silence de la mer (Tomasi-Vercors)

Si je n'ai pas réagi dans ce Journal aux attentats du 7 janvier, ce n'est pas par indifférence ou paresse. C'est d'abord pour observer un silence respectueux devant les familles des victimes: le déferlement de paroles dans les media alors que les coprs étaient encore chauds m'a mis fort mal à l'aise et poussé à chercher le recueillement et la solitude plus que la foule et le bruit (bien que j'aie participé à la manif avec mes proches). 

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mercredi 3 décembre 2014

Les mille et une mises en musique de Théophile Gautier

Ouï vendredi dernier dans le théâtre de l'Île Saint Louis à Paris, un programme de mélodie tout à fait original. C'est le pianiste François Henry qui s'est mis en tête de collectionner les mélodies écrites sur des textes de Théophile Gautier. L'auteur des célèbres Nuits d'été de Berlioz (que l'auteur du journal de Papageno connaît fort bien, et pour cause) a beaucoup inspiré les compositeurs, pas seulement Français d'ailleurs. François Henry a recensé plus de mille mélodies, et ce concert était consacré à une sélection de celles écrites après 1945, avec Alice Fagard (mezzo), Marie Soubestre (soprano), L'Oiseleur des Longchamps (baryton), François Henry (piano) et Clothilde Bernard (guitare).

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vendredi 10 octobre 2014

Hokusai et Debussy

affichehokusai.jpgEn marge de l'exposition Hokusai au Grand palais, la Maison de la Culture du Japon propose deux récitals Debussy et Hokusai, jeudi 16 octobre et samedi 18 octobre. La MCJP est malheureusement avare de détails quand au programme de ces soirées, dont on comprend seulement qu'il comprendra des oeuvres pour piano interprétées par Heyoung Park, Madoka Fukami, Michel Béroff, Marie-Josèphe Jude, Kana Okada, CreaSion (sha­ku­ha­chi), Georges Pludermacher et commentées par Théophile de Wallensbourg, lequel est présenté comme rien moins que com­po­si­teur, pein­tre, essayiste et poète.

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dimanche 13 juillet 2014

L'opéra équestre de L'Oiseleur des Longchamps

Vu le 22 juin dernier au Haras de Bory dans les Yvelines, l'avant-première du nouveau spectacle de L'Oiseleur des Longchamps. On connaît les talents nombreux de L'Oiseleur des Longchamps: baryton, photographe, metteur en scène, mais ce sont également ses talents d'organisateur qu'il a mis en jeu pour ce pari artistique ambitieux.
Au départ de cette entreprise, le projet un peu fou de rapprocher son amour du cheval et celui du chant lyrique: cela a donné un disque (auquel j'ai eu le bonheur de participer modestement), et maintenant un spectacle étonnant, une sorte d'opéra équestre tout à fait unique en son genre, et qui pourra ravir autant les mélomanes que les amoureux du cheval.

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samedi 11 janvier 2014

Les éblouissements d'Anna

A lire sur le blog de L'Oiseau-Lyre, un beau compte-rendu du Récital "Les Éblouissements d'Anna" du 8 décembre dernier à l'Institut Culturel Roumain.

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dimanche 23 juin 2013

Mélodies inédites d'Armande de Polignac

La fête de la musique était quelque peu en avance ce 18 juin dernier pour la centaine de chanceux qui ont pu assister à ce récital de mélodies rares voire introuvables d'Armande de Polignac. Cela se passait au siège de l'association France-Amérique, un lieu somptueux à deux pas des Champs Elysées. La soprano Sabine Revault d'Allonnes, le baryton L'Oiseleur des Longchamps et le ténor Sébastien Romignon Ercolini, accompagnés au piano par Stéphanie Humeau, se sont relayés pour nous faire entendre ces mélodies parmi lesquelles on trouve de véritables trésors, de petits bijoux. Tant par le raffinement de l'écriture que par la sensibilité et l'engagement des interprètes, nous avons entendu ce que la mélodie française peut produire de meilleur.

Par la concision (il n'y a pas une note en trop) et le raffinement harmonique, les mélodies d'Armande de Polignac se rapprochent de Ravel. Elles auraient tout à fait leur place au concert parmi celles de Fauré, Duparc, Chausson, Hahn tant les qualités de l'écriture sont évidentes. Pour donner une idée de l'oubli dans lequel elles sont tombés, L'Oiseleur des Longchamps m'a raconté qu'il a du en chercher certaines à la bibliothéque de France car elles ne sont plus éditées depuis longtemps. Mais le parcours du combattant ne s'arrêtait pas là car il y avait des éditeurs qui s'ils ne possédaient même pas une photocopie des partitions originales, en détenaient les droits (sans doute par le jeu des rachats de catalogues entiers lorsqu'uu éditeur met la clé sous la porte). Il fallut donc les retrouver et demander des autorisations... Ce concept d'éditeur qui détient les droits sans faire le travail correspondant (rendre la partition disponible) me laisse un peu rêveur. Ce n'est qu'une illustration caricaturale du fait que donner des des droits monopolistiques garantis par l'état à un éditeur jusqu'à 70 ans après le décès du compositeur est tout sauf compatible avec l'intérêt général, et ne va certainement pas dans le sens de la défense de l'art vivant et de la création.

Fermons cette parenthèse et revenons à la musique: ce programme passionnant et inédit sera bientôt enregistré en disque, disponible d'ici à la fin de l'année. Ce qui permettra de rendre justice à cette compositrice méconnue. A ceux qui se demanderait pourquoi si peu de gens se sont intéressés à cette musique si elle est vraiment excellente, j'ai envie de répondre que les histoires de la musique sont tout sauf équitables, et qu'on entend très régulièrement dans les concerts classiques des navets sans grand intérêt alors que de véritables trésors dorment dans les bibliothèques. Dans ce domaine comme dans d'autres le conformisme fait des ravages, et la curiosité reste le meilleur atout du musicien comme du mélomane.

dimanche 24 mars 2013

En chantante Lune

J'ai le plaisir de vous inviter à un concert de mélodies dans toutes les langues le 10 avril prochain à Paris, concert qui vous permettra notamment d'entendre une de mes toutes dernières productions, le Lunatique sur un texte de Yourcenar commandée par l'occasion par L'Oiseleur des Longchamps.

en_chantante_lune_affiche.jpg

Concert de mélodies, airs, chansons, songs, Lieder, canzone, canciones ... sur le thème de la lune

Evelyn Vergara, soprano
Emilien Marion, ténor
L'oiseleur, baryton
Christophe Maynard, pianiste


oeuvres de : Anonyme, Bellini, Bernier, Boëlmann, Brahms, Chaminade, Chausson, Chrétien, Collin, Curschmann, Davico, Debussy, Dvorak, Fauré, Ferroud, Franz, Garat, Gaubert, Ginastera, Gounod, Greif, Grétry, Hahn, Holmès, Jadin, Kinkel, Kirschner, Krüger, Labori, Lacroix, de La Presle, Le Flem, Leroux, Loiseleur, Maas, Marinier, Mascagni, Massenet, Mecano, Mendelssohn, Picheran, Puget, Reichhardt, Respighi, Rodrigo, Rubinstein, Saguer, Saint-Saens, Schubert, Schumann, Scotto, Spohr, Strauss, Tricot, Vidal, Wakerfield, von Weber, Woodworth

sur des poèmes de : Bessière, de Bussy, Cipollini, Davidoff, Despax, Dorchain, Eichendorff, Even, Fiorentino, Fortolis, Guinand, Heine, Holmès, Hölty, Greif, Kugler, de La Ville de Mirmont, Lenau, Madeleine, Mendès, Mosen, Ossian, Osterwald, Samain, de Ségur, Shimasaki, Simrock, Vanor, Verlaine, Villancico, Villemer, Woddworth, Yourcenar

entrée : libre participation

adresse: Using Spring Court 5 passage Pivert Paris 11e
métros : Goncourt ou Belleville

illustration : Arthur John Black

dimanche 7 mars 2010

Architectures contemporaines, pour voix et piano

Il est au fond assez fréquent que l'inspiration se nourrisse du travail d'autres artistes, quel que soit leur domaine. La poésie, la peinture, le théâtre sont aussi nécessaires à mon équilibre intérieur que la musique. Le cycle Architectures contemporaines en est la parfaite illustration.

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samedi 30 juin 2007

La musique de chambre d'Albert Roussel

La musique de chambre d'Albert Roussel est moins abondante que celle de Beethoven ou Brahms, car elle tient sur trois disques. Mais elle recèle plus d'un petit bijou. J'ai eu l'occasion de jouer en 2004 le trio pour flûte, alto et violoncelle (photo ci-contre) de qui m'a permis de découvrir ce compositeur et donné l'envie de mieux le connaître.

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vendredi 6 avril 2007

Petite discographie Ernest Chausson

Puisqu'on m'a offert sa biographie en cadeau d'anniversaire, j'ai ressorti tous mes disques Chausson (et fait quelques emplettes). Vous aimez Franck, Ravel, Lalo ? vous adorerez Chausson, cet illustre inconnu, qui comme Berlioz semble connaître plus de succès chez nos amis d'outre-Manche et d'outre-Atlantique que dans son pays natal.

Commençons par sa pièce la plus célèbre: le poème pour violon et orchestre. Il a été enregistré par les plus grands violonistes et les meilleurs orchestre, on le trouve dans de nombreuses anthologies de concertos pour violon. On en trouve aussi une magnifique version enregistrée en avril 2002 par Thierry HUCHIN avec l'orchestre Ut Cinquième mais c'est hors commerce !

Moins connus, il y a la symphonie op. 20 et le poème symphonique Viviane. J'aime assez cette version parue chez Naxos, avec l'orchestre de Nancy.

disque

Dans la musique de chambre, il y a plusieurs incontournables:

  • le Concert pour violon, piano et quatuor à cordes. Voici une version par les frères Pasquier et leurs amis, tout à fait recommandable:

concert

  • un trio avec piano (le couplage avec celui de Ravel semble aller de soi)

trio avec piano

  • un quatuor avec piano (proposé ici avec l'un des quatuors de Fauré)

quatuor avec piano

  • enfin, le quatuor à cordes, moins connu. Inachevé, il a été complété par Vincent d'Indy (lui-même auteur de quatuors fort méconnus). Je l'ai sur un double disque, avec ceux de Magnard et Roussel, par le Via Nova:

quatuor

Les mélodies de Chausson sont elles aussi à découvrir. On trouvera telle ou telle sur divers récitals de mélodies françaises (à côté de celles de Fauré, Duparc, Reynaldo Hahn). Absolument incontournable: le poème de l'amour et de la mer, pour soprano et orchestre. Là encore, il existe une magnifique version hors-commerce par Sylvie Althaparro et l'orchestre Ut Cinquième. Dans le commerce, on trouvera cette très belle version avec François Le Roux (baryton) et Charles Dutoit à la tête du symphonique de Montréal:

poeme

Pour terminer, le Roi Arthus, opéra, chanté ici en anglais (pas disponible en DVD à ma connaissance):

arthus

Une courte biographie se trouve sur Wikipedia

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